Divergente #3 Au-delà du mur – Robert SCHWENTKE

Attention : la chronique spoile allègrement le 3e film. Je vous recommande de le voir ou de le lire avant de vous intéresser à cette chronique écrite à chaud.


Précédemment sur White Pages :

Divergente #1 de Neil BURGER : Ayant vu le film avant le livre, mon imaginaire s’est involontairement basé sur ce premier pour visualiser les personnages, aussi ne pourrais-je dire s’ils correspondent. (…) Christina est mon personnage préféré. (…) L’adaptation a été très bien réussie. Je l’ai même préférée au livre, car elle  apporte un réajustement nécessaire : moins d’introspection, plus d’émotions dans les points clés, un scénario centré sur  l’intrigue sans laisser de côté ses personnages.

Divergente #2 de Robert Schwentke : J’ai clairement préféré le premier film au second, principalement à cause de l’introspection et de la romance qui deviennent étouffantes et par la faute d’un scénario bancal, peu crédible, et une absence totale de mise en scène. (…) Ce film ne ressemble à rien (…) Facile (…) Shailene Woodley et Miles Teller sauvent les meubles (…) Aucune explication, juste des phrases qui résonnent bien dans le vide (…) Une fin qui joue plus le spectaculaire que  logique ou même la crédibilité.


(4/10) Après le second volet, je n’étais pas vraiment sûre d’avoir envie de voir ce troisième film, surtout réalisé par Robert SCHWENKE. J’ai fini par me laisser tenter et je n’ai pas été très surprise de ne pas apprécier outre mesure.  En fait, je lui reproche les mêmes choses que pour Divergente 2 : un scénario bancal et mal fichu, une mise en scène bâclée (même si un peu mieux dans celui-ci), des personnages secondaires qui  deviennent des figurants (Christina en est le plus bel exemple).

Divergente 3 TrisA la fin du précédent volet, alors que les habitants de Chicago découvrent ne pas être seuls, qu’au-delà des frontières de leur ville, l’humanité a survécu et les observe. – pire : qu’ils sont l’objet d’une expérimentation menée à grande échelle et à leur insu -, toute la population  se met à hurler de joie et à courir vers le mur dans le but de le franchir.

Or nous commençons ce troisième volet à l’intérieur de ce même mur, que la nouvelle dirigeante a barricadé par peur de ce qui se trouve derrière qui n’annonce rien de bon. Une transition assez maladroite qui, à la fin du 2, aurait croulé de sens. Mais si on essaie de s’imaginer l’entre deux films, ça semble bancal. La population se précipite vers l’extérieur en hurlant de joie, excités, quand soudain – quoi ? Ils se rappellent qu’ils devraient plutôt en avoir peur ?  Qu’ils ont même leur revanche à prendre sur leurs anciens bourreaux ?

Le problème de Divergente vient principalement de son scénario qui ne tient pas la route et d’une mise en scène qui a du mal à le faire oublier. La perte d’un des personnages à quelques minutes du début va, comme c’était le cas dans le premier roman, être oublié  dès la scène suivante – la rendant totalement inutile. Le monde extérieur est un vaste chantier qui semble inabouti : un squelette de monde post-apocalyptique.  On vous présente une ébauche d’explications mais en fin de compte, encore une fois, rien n’est expliqué, rien n’est résolu. Tout ne sert qu’à entraîner l’action et faire bouger les personnages d’un point A à un point B.

Divergente Extrait 1L’introduction de nouveaux personnages ne fonctionnent pas tant ceux-ci n’ont absolument aucune consistance, à peine un nom. De caractère ? Rien. D’histoire ? Rien. Et pourtant, ils deviennent subitement et à un moment bien précis – oh, chose étonnante, pile quand on a besoin d’un élément supplémentaire pour vaincre  un obstacle – des alliés, sans raison explicitée. Ils lancent bien aux héros un appel à l’aide : « Revenez nous aider ». « On a besoin de vous. » Pour quoi faire précisément ? Et pourquoi ? Rien n’est dit. Les héros eux-mêmes semblent n’en avoir pas grand-chose à faire : une fois rentrés chez eux, ils les ont complètement oublié.

En gros, on voit en effet tout ce que la bande d’annonce aura eu tort de vous montrer : c’est-à-dire tout ce qu’il y a à voir. A la fin du film, nous n’avons rien appris de plus de ce que vous saviez déjà suite au second volet. Certes, quelques vagues indications sont données, mais rien de plus : « l’humanité a fait une expérience qui a merdé et vous êtes notre solution ». Mais en fin de compte, posons-la la question : pourquoi ont-ils besoin de Tris ? Que comptent-ils faire avec elle ? Ils vont voir un Conseil dans une ville, tentent de les convaincre – de quoi, d’ailleurs ? Tris parle d’aider sa ville natale, mais rien d’autre n’est dit, rien qui n’aide à étoffer l’histoire en tout cas – et puis ils retournent chez eux.

En fin de compte, la seule chose qu’on retrouve au-delà du mur, c’est le très méchant manichéisme. Quelle est donc la conclusion ? Qu’il fallait écouter la mère de Tobias et qu’ils n’auraient jamais dû quitter leurs frontières car les gens qui les ont enfermé là ne l’ont pas fait pour leur bien. Si Robert Schwentke voulait prouver qu’il était capable de faire un film sans histoire, il l’a fait.

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Ce troisième volet est donc dans la parfaite continuité du second. Pourtant, il apporte un peu plus de distraction, l’action est mieux menée et la romance plus supportable, points positifs. Le scénario est toujours aussi bancal, linéaire, mais peut-être moins brouillon. Même s’il brasse du vide. Les personnages sont quasiment des OOC (Out Of Characters signifie des personnages dont on a ôté la personnalité initialement donnée par l’auteur et ici par les autres films).

J’ai pu lire sur le web qu’il y aurait un quatrième volet (alors qu’il n’y a que trois livres, rappelons-le). Cela laisse l’espoir qu’il apportera tout ce que ce troisième film aura manqué : de scénario et de réponses. D’un autre côté, cela démontre encore une fois que diviser un roman qui n’a pas suffisamment de matière pour l’être, ce n’est pas toujours une bonne idée. Il y avait peut-être suffisamment de scènes d’action et de moments (qui auraient pu être) clés pour le faire. Mais pas de matière à proprement parler qui fait avancer une histoire. Le cas contraire (je n’ai pas lu le livre, je ne saurais donc en juger), cela démontre que ce film aura décidément été bien raté.


Divergente 3 afficheDivergente #3 Au-delà du mur
Réalisé par Robert SCHWENTKE
Interprété par Shailene WOODLEY, Theo JAMES, Jeff DANIELS, Miles TELLER
Sorti en 2016
Adaptation, Science-fiction, Dystopie


Résumé :
« Sous le choc, Tris et Quatre doivent fuir et franchir le mur encerclant Chicago. Pour la première fois, ils quittent la seule ville et famille qu’ils aient connues. Mais au delà du mur se trouve un monde hostile qu’ils vont devoir affronter. Tris et Quatre doivent rapidement déterminer en qui ils peuvent avoir confiance alors qu’une bataille menaçant l’humanité toute entière est sur le point d’éclater…« 


Bande d’annonce :

Lusionnelle

0 Comments

  1. Je ne sais pas si tu avais lu le tome 3 mais il a aussi quelques points faibles, même s’il me semble que le film l’a totalement dénaturé (je n’ai pas encore vu le film). Par contre je suis d’accord avec toi sur des défauts qu’on retrouve dans le livre comme le fait de passer à autre chose après la mort d’un personnage ou encore le manque d’explications ! La transition est quand même mieux faite dans les livres. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils s’obstinent à couper les troisièmes tomes en 2 films (enfin, à part pour les profits), ça devient agaçant !

    • A vrai dire, je n’ai lu que le premier tome. Quand j’ai vu le second film, ça m’a pas mal rebuté (surtout que le premier tome n’est pas exempt de défauts similaires aux 2nd et 3e films). Mais dans le premier roman, ça m’avait frappé, le manque d’intérêt que porte Tris envers ceux qui sont tués, surtout quand ils sont aussi proches d’elles (ses deux parents, en l’espace de quelques heures à peine…).

      Et je te crois sans problème quand tu me dis que les livres sont meilleurs d’un point de vue scénaristique, surtout dans les transitions. Robert SCHENKTE, contrairement à son prédécesseur Neil BURGER, n’a pas franchement fait son boulot. Il a offert, pour moi, des scènes faciles qui « font bien », surtout sur ce type d’histoires. Sauf qu’il ne suffit pas de regarder chaque livre mais la saga dans son intégralité (et il me semble qu’elle était déjà achevée à la sortie du 2 au cinéma). La fin de ce dernier était donc très mal construite pour rendre cohérent l’ensemble.

      Et je m’agace comme toi de ces coupures intempestives qui n’apportent rien aux œuvres adaptées… surtout si ça dessert celles-ci !

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