Des expositions en bref – Février 2017

Comme l’hiver est bien entamé, j’ai décidé de me remettre à voir à quoi ressemble Paris. J’ai donc eu l’occasion de retourner dans les musées et d’en découvrir deux nouveaux où je n’avais encore jamais mis les pieds : les Arts Décoratifs et la Cinémathèque (sauf pour la librairie de cette dernière – géniale). C’est étonnant, comme d’un coup Paris reprend forme, devient un lieu unique où on peut s’émerveiller, découvrir, apprendre, être surpris. Chaque début d’année, je ressens la même sensation de bien être qu’étrangement j’oublie en fin d’année où j’ai plutôt l’habitude d’hiberner – et de détester cette ville de métros puants, de gens pressés et de mauvais temps.

Mais heureusement, février est arrivé !

Au menu du jour :


Musée du Quai Branly

L’Afrique des routes

Sur le site du musée
Exposition du 31/01/17 au 12/11/17
Tarif : 10€

N’ayant pas encore terminé de rédiger ma chronique réservée à cette exposition coup de coeur, je vous en fais un bref résumé ici. J’ai eu l’occasion de la visiter grâce à l’agence Alambret et au musée que je remercie beaucoup de m’avoir conviée à la visite guidée organisée pour les blogueurs. J’ai eu grand plaisir à écouter Gaëlle Beaujean, la commissaire de l’exposition et responsable des collections du musée. Sa passion et sa pédagogie ont beaucoup contribué à mon appréciation, et l’exposition est une belle réussite.

Sommet de masque daté de 1930
Le pélican symbolise la route et le colon la route des objets et des cultures.

Elle est certes très ambitieuse, car elle balaie un périmètre de thématiques et une chronologie très large. Elle s’articule, comme son nom l’indique, autour de la circulation – des hommes, des objets d’art, de la culture, des influences politiques, des religions, de la musique, des armes, etc. Chaque pièce est consacrée à une thématique. L’exposition est un peu « linéaire », c’est vrai, mais l’agencement est idéal pour circuler librement autour des œuvres et des photos exposées.
De plus, les initiatives prises autour de l’exposition sont excellentes : la gratuité pour les -26 ans ; l’invitation à faire un deuxième tour dans l’exposition en écoutant la deuxième piste proposée par l’audio-guide consacrée à la route musicale ; le fait qu’une partie de cette playlist est disponible gratuitement sur Deezer (à rechercher avec le titre de l’exposition) ; la réflexion menée sur la diffusion du documentaire proposé dans l’exposition au travers d’un DVD ou d’un programme d’une télévision partenaire une très bonne idée, etc. A savoir également que l’exposition changera quelques pièces exposées tous les trois mois, ce qui peut être une bonne excuse pour y retourner ! En tout cas, vous l’aurez compris, je vous la recommande vivement.


Les Arts décoratifs

Deux expositions très différentes, que j’ai beaucoup aimées faire. C’est la première fois que je viens à ce musée, et je pense guetter leurs prochaines expositions.

Par contre, je tiens à souligner deux gros bémols de ce musée qui se sont plus ou moins retrouvés dans les deux expositions :

(1) La luminosité
Quand on est entrées dans l’exposition « Tenues correctes exigées », c’est à peine si on voyait où avancer. Les costumes étaient éclairés mais tout le reste de la pièce était plongé dans la pénombre, sans que ce ne soit particulièrement justifié pour la mise en scène de l’exposition. Quand on n’a pas de problèmes oculaires, cela peut paraître un détail mais ce n’est malheureusement pas mon cas. De fait, se cogner contre les autres visiteurs (qui ne peuvent se douter que si eux voient, toi, tu ne vois pas dans l’obscurité) et ne pas arriver à lire la moitié des textes (au risque d’avoir une migraine ou très mal au dos car les commentaires étaient au niveau de nos pieds) ne fut clairement pas une expérience agréable.
Un éclairage un peu plus élevé, avec des panneaux à hauteur de taille et des flèches blanches sur le sol pour diriger dans l’exposition n’auraient donc pas été de trop.

(2) La présentation des pièces
En particulier pour l’exposition « L’esprit du Bauhaus » qui était surchargée en termes d’objets (en termes d’objets culturels exposés : photo, dessin, sculpture, déco, etc.) : il y avait des murs entiers qui étaient recouverts de choses à voir, dont les panneaux descriptifs étaient réunis sur un côté avec des numérotations. Le problème ? C’est qu’on ne retrouvait pas de numérotation à côté des œuvres (ou alors pas de façon visible), lier le nom de l’artiste à l’objet exposé n’était donc pas toujours évident. C’est un peu dommage.

L’esprit du Bauhaus

Sur le site du musée
Exposition du 19/10/16 au 26/02/17
Tarif : 11€

L’école du Bauhaus est une école d’enseignement artistique allemande, créée par Gropious en 1919, dont le principe est de regrouper à la fois les arts (l’esthétique, le beau) et l’artisanat (la fabrication) : rendre l’art à la fois utile et beau. Son influence est internationale et encore très actuelle. D’ailleurs, les pièces présentées dans l’exposition sont bluffantes de modernité. Y ont enseigné des artistes avant-gardistes, dont par exemple Kandinsky et Paul Klee.

Ce fut une exposition particulièrement dense et passionnante. Il y avait énormément de choses à voir et beaucoup d’informations à emmagasiner, avec peu d’aérations et de temps de pause dans le parcours. La mise en scène n’était pas toujours idéale (surtout quand le musée accueille autant de monde) et le circuit pas toujours évident à suivre. Malgré tout, il y avait des superbes pièces à observer et j’en suis ressortie avec l’envie d’approfondir mon exploration sur cette école artistique.

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Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale

Sur le site du musée
Exposition du 01/12/16 au 23/04/17
Tarif : 11€

La porte d’entrée, avec ces injonctions bourrées d’humour (« Tu t’es habillé dans le noir ? », « Fashion faux pas », « T’es sapé comme un pingouin »…) donne le ton. L’exposition propose de voir à travers des habits de toute époque (du Moyen-Âge à nos jours), les évolutions de la mode, en mettant ainsi en exergue celles qui ont fait scandale ou comment les mœurs ont évolué ou ont été renversées (exemple, le maquillage et le talon qui étaient usités par les hommes avant de devenir l’ « apanage » des femmes). Globalement, c’était réussi et les pièces étaient belles à voir. Quelques affiches mettant en parallèle la tenue adéquate de l’époque et celle qui faisait scandale étaient judicieuses, et on aurait d’ailleurs apprécié d’en voir d’avantage.


La cinémathèque

L’écran japonais

Sur le site du musée
Exposition du 14/09/16 au 25/06/17
Tarif : 5€

J’en suis ressortie assez déçue. L’exposition était en soi anecdotique, même si j’ai apprécié la diffusion d’extraits de films, qui alimentent mes envies cinéma, et quelques parties intéressantes (notamment celles autour d’Akira Kurosawa, quelques courriers signés, quelques photos de tournage et les 3/4 costumes qu’on a l’occasion d’admirer). Du reste, ce sont essentiellement des alignements d’affiches et de photos, mettant en avant en effet des chefs d’œuvre et des maîtres du cinéma japonais. Il n’y a aucune présentation des réalisateurs, de leurs œuvres ni de leurs influences : pas de biographie ni de filmographie. Aucune surprise non plus concernant les réalisateurs présentés, ce sont généralement ceux que l’Occident a l’habitude de citer.
La partie animation est aussi très décevante, jetée à la va-vite en dernière partie d’exposition : à peine trois ou quatre affiches, avec aucun commentaire. Et par ailleurs, si Katsuhiro Otomo est cité en introduction, il est étonnant de ne pas avoir vu aucune de ses œuvres montrées.

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La collection permanente

Elles étaient globalement intéressantes, même si on en fait assez rapidement le tour (sans audio-guide). Mais là encore, à l’exception de quelques brèves présentations des thématiques exposées, on a juste l’occasion d’admirer des vestiges des premières caméras et diffusions de sons, des représentations et des affiches. Éventuellement, faire la visite avec l’audio-guide est un complément qui pourrait avoir ici un réel intérêt. A tester.


Centre Pompidou

 Cy Twombly

Sur le site du musée
Exposition du 30/11/16 au 24/04/17
Tarif : 14€

Sans titre

J’avais eu l’occasion quelques années plus tôt de participer à une visite du musée dont le principe était d’échanger avec un groupe restreint de personnes sur deux ou trois œuvres du musée, avec une personne experte pour nous guider dans nos observations et analyses. J’y avais notamment découvert sa fameuse pièce « Achille pleurant la mort de Patrocle » qui, ainsi mise en perspective, m’avait plu.

Malheureusement, je suis globalement restée insensible devant le reste de ses œuvres, à l’exception de deux ou trois. Probablement parce que je n’arrive pas à leur trouver du sens et que l’esthétique pour la plupart me laisse indifférente, je pense être complètement passée à côté de cette exposition, malgré tout son intérêt. Là encore, une visite guidée ou un audio-guide aurait très certainement fait la différence !


Et vous, qu’avez-vous récemment découvert ? Que me recommanderiez-vous de voir ?

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