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Ultimates – B. Hitch & M. Millar

ultimates 1

Ultimates
Dessiné par Bryan HITCH
Scénarisé par Mark MILLAR
Comics en 3 tomes (série terminée)
Publié par Marvel Deluxe en 2002
Super-héros, Science fiction


« L’apparition d’êtres dotés d’étranges et dangereux pouvoirs risque de faire basculer le fragile ordre mondial, et les citoyens « normaux » sont paniqués. La solution du gouvernement : une petite armée baptisée Ultimates créée pour protéger l’espèce humaine !« 


Note Globale :

7/10


Pour un premier pas dans les comics et notamment dans l’univers de Marvel, j’ai trouvé la trilogie des Ultimates idéale. Reprenant de zéro l’histoire des Vengeurs qu’elle refaçonne, la série propose de suivre la formation d’un groupe de défense nationale composé de superhéros.  Ne connaissant les Marvel qu’à travers leurs adaptations cinématographiques, je n’ai pourtant eu aucun mal à me plonger dans l’histoire. Si les trois tomes ne suffisent pas à développer autant que j’aurais voulu l’ensemble des personnages, j’ai néanmoins passé de très bonnes heures de lecture à vivre leurs sombres aventures.

Tout commence durant la Seconde Guerre Mondiale, où un superhéros américain, portant le nom de « Captain America », le premier soldat génétiquement modifié, va se sacrifier pour empêcher une attaque nucléaire allemande et sauver le monde. Près de soixante ans plus tard, ce même héro est retrouvé dans l’océan arctique littéralement congelé mais bel et bien en vie. Le SHIELD qui l’a recueilli voit en lui une véritable aubaine, car les expériences menées par le Dr. Banner afin de reproduire le sérum du super-soldat (le même qui a donné naissance à Captain America) se sont toutes soldées à un terrible échec : Hulk, l’alter-égo lubrique et incontrôlable du Dr Banner.

Ainsi Captain America se retrouve au cœur d’une agence d’espionnage et d’un programme national de défense des États-Unis : les Ultimates, c’est-à-dire une armée de superhéros chargés de défendre le pays contre les invasions extraterrestres – ou tout simplement contre les super-méchants comme vous devez vous en douter.

ultimates

Sauf que, là où le comics se montre particulièrement intéressant, c’est qu’à une seule exception (mais je ne vous dirai pas laquelle), il n’y a pas de « super-méchants » dans le sens usuel du terme. Le vrai problème est la désorganisation des Ultimates qui forment un groupe hétéroclite de personnalités très différentes, d’égos surdimensionnés et d’intérêts divergents, ce qui les rend à la fois vulnérables et malléables.

Nous avons donc : Tony Stark (ou Iron Man), un coureur de jupon millionnaire, narcissique et alcoolique (et condamné à mort par un cancer) ; le Dr Banner dont les échecs vont le conduire à céder le contrôle à un Hulk particulièrement lubrique afin de donner aux Ultimates une vraie légitimité ; Giant Man, un intellectuel ambitieux et mauvais perdant qui violente sa femme (la Guêpe) et ne supporte pas l’échec, faisant de lui le super-perdant de l’histoire ; Captain America, (super)héros de la Seconde Guerre Mondial, un brin conservateur, vieux jeu, éternel nostalgique et qui a bien du mal à s’adapter à son nouveau présent ; enfin, Thor dont on ne sait pas si c’est un illuminé dont l’armure et le marteau procurent ses super-pouvoirs divins ou s’il est vraiment le fils d’Odin – qui est aussi un militant écologiste et pacifiste.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que les personnages ont beau être dotés de super-pouvoirs, ils sont finalement aussi faillibles que n’importe qui. Ils dévoilent une certaine part de complexité qui nous rapproche d’eux et on comprend aisément leurs problématiques. Sauf que, évidemment, à leur échelle, cela prend rapidement des proportions gigantesques. Imaginez un peu : il suffit que le Dr Banner craque et s’énerve un peu trop pour que Hulk prenne le contrôle et dévaste tout sur son passage ! (Encore que je vous parle des super-héros principaux, mais il aurait fallu citer aussi les personnages annexes comme La Veuve Noire, Oeil de Faucon, Betty Ross et les deux enfants de Magneto.)

thor

Le recueil Ultimates se divisent ainsi en trois parties : le premier tome explique comment les Ultimates ont été réunis et la façon dont ils ont dû apprendre à se tolérer (bien plus que s’apprécier). Point donc de super-vilains, le vrai problème c’est eux-mêmes et leur incapacité à s’accepter en tant que groupe, et quelque part, en tant qu’individus. L’égo se révèle le poison qui les délie chaque fois qu’ils tentent de passer outre leurs différends. Mais, ce sont justement ces déboires qui vont aussi les rapprocher – d’une certaine manière.

Le second et troisième tome composent la deuxième partie : on se retrouve cette fois plongée dans une intrigue générale qui menace la paix planétaire. On entre du coup dans un standard de l’invasion extraterrestre et d’un blockbuster américain (et papier) – sauf que si les clichés du genre sont bel et bien présents, cela n’amoindrit pas la qualité de l’histoire et de l’action qui nous happent tout le long et ne nous relâchent, à bout de souffle, qu’une fois la dernière page tournée.

Enfin la troisième partie est un peu à prendre à part du reste. Ce sont les « Ultimates Annual« , des épisodes sortant du contexte de la trilogie, et dont le dessin et / ou le scénario a/ont été réalisé(s) par d’autres artistes. Pour ma part, j’ai très peu adhéré à l’esthétique du dessin et même au scénario des deux épisodes clôturant le second tome. Le Spider-Man juvénile et immature au possible, dont les dialogues sont peu inspirés et l’humour, un vrai flop, ne m’a vraiment pas convaincu – et je dois dire qu’au contraire, je me suis un peu ennuyée.

Les Ultimates

Quoi qu’il en soit, le duo Mark Millar / Bryan Hitch est une vraie réussite. Non seulement le scénario est rafraichissant, prenant et même doté d’une petite touche d’humour appréciable (dont l’éternelle répartie de Tony Stark), mais Bryan Hitch nous propose également une superbe esthétique très dynamique qui nous immerge en pleine action et qui tient bien compte des sentiments et des expressions des personnages. J’ai été très agréablement surprise par le graphisme qui est ce que je craignais le plus dans les comics.

Pour conclure, Ultimates est donc pour moi un premier pied réussi dans l’univers de Marvel. Non seulement, l’histoire m’a captivé de bout en bout, avec un graphisme très propice et très expressif, mais en plus, je l’ai trouvée assez mature. La complexité des personnages est un élément qui sert à l’ensemble et rappelle que plus encore que de simples super-héros, ce sont avant tout des humains.


Ensemble des tomes parus :

  • Tome 1 : Super Soldat
  • Tome 2 : Secrets d’Etat
  • Tome 3 : Independence Day

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  1. […] donc ma lancée dans les comics avec le diptyque dont Ultimates que j’ai lu est une variante (voir ma chronique). C’est encore trop tôt pour juger du scénario (qui du coup rappelle un peu Ultimates, […]

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