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Avengers, Earth Mightiest Heroes – Casey, Kolins, Rosado

Avengers 1

Titre – Avengers Earth Mightiest Heroes (Titre Français : Les plus grands héros de la Terre)
Scénario – Joe Casey
Dessin – Scott Kolins (pour le tome 1), Will Rosado (tome 2)
Genre – Super-héros, Fantastique, Science fiction
Édition – Panini (Marvel Deluxe)
Origine – Etats-Unis, 2010 – Volumes : 2 (série terminée)


« Vint un jour, comme aucun autre, où les plus grands héros de la Terre unirent leurs forces pour repousser une menace commune. Les Vengeurs s’allièrent pour combattre des ennemis qu’un héros seul ne pouvait affronter. Au fil des ans, le groupe s’est élargi, il a souvent changé de composition mais a toujours conservé la même noblesse. Entendez leur cri de ralliement… »


Note globale :

6/10


Troisième essai avec les Marvels. Retrouver les Vengers est un vrai plaisir, car leurs aventures nous permettent de plonger pleinement dans l’univers de Marvel et surtout de façon transversale. Ainsi, on croise les mutants, Hulk, Spider-Man, les 4 fantastiques, quand bien même les protagonistes restent bien sûr Iron Man, Captain America, Thor, Giant Man et La Guêpe, rejoints par la suite par Oeil de Faucon, Vision ou encore la Panthère Noire. Comme pour les Ultimates qui est une sorte de reboot de ces albums (voir ma chronique), nous avons à nouveau l’occasion de voir la formation des Vengeurs, ce qui m’a plu, d’autant plus que le point de vue adopté ici est original. Attention toutefois, si vous souhaitez lire les aventures héroïques des Avengers, vous allez être déçus : Avengers Earth Mightiest Heroes nous propose de suivre la face cachée de l’organisation à bonne dose de paperasse et de négociations tant juridiques que politiques.

Tout commence au manoir de Tony Stark. Iron Man, revêtu d’une armure dorée, accueille les super-héros qui vont devenir avec lui les Vengeurs. Thor, la Guêpe, Giant Man (autrement appelé l’homme fourmi) et Hulk. Très vite rejoints par Captain America qui doit encore s’intégrer à ce nouveau présent et combattre ses propres fantômes, les Vengeurs ont bien du mal à s’entendre. L’affaire s’annonce donc particulièrement mal engagée, surtout quand les héros se montrent aussi peu solidaires quand il s’agit de défendre leurs intérêts face aux autorités.

Tony Stark, dont l’identité d’Iron Man est tenue secrète de tous, a ainsi une double mission capitale : d’une part, en tant que Tony Stark, il doit négocier avec les autorités américaines pour maintenir non seulement le statut des Vengeurs mais également leur indépendante vis-à-vis de l’armée ; d’autre part, en tant qu’Iron Man, il a la charge de présider le groupe et de maintenir leur union. Pas facile quand tous ses compagnons profitent de la moindre excuse pour disparaître quand arrive l’heure des négociations et de la paperasse.

captain america

De fait, si l’action est évoquée, elle est rapidement évincée au profit des relations qui se tissent entre les protagonistes, celles avec le public et avec les autorités. Le comics laisse ainsi la place aux questionnements que se posent les Vengeurs qui, s’ils croient à un but noble, ne sont pas encore sûrs de ce qu’ils peuvent accomplir et de la portée de leurs actions. J’ai trouvé ce point de vue rafraichissant et intéressant, d’autant plus qu’indirectement cela permet de répondre à pas mal de questions qu’on aurait pu se poser sur l’univers : comment le gouvernement américain a-t-il pris la formation d’un groupe indépendant d’individus ayant les pouvoirs de renverser l’armée ? Quelle est la relation entre les Vengeurs et les médias ? Pourquoi ces héros hétéroclites ont décidé de se réunir ? Qui a rédigé la fameuse charte qui les unit envers et contre tout ? Comment un type comme Œil de Faucon a-t-il pu se joindre aux Vengeurs ? Et comment ces derniers parviennent à justifier d’intégrer dans leur rang un nouvel élément ayant été initialement conçu pour les détruire ?

Présentée comme une organisation, le groupe des Vengeurs prend une forme nouvelle qui crédibilise et justifie que, comme telle, elle soit capable d’évoluer : les vengeurs, ce n’est pas seulement un groupe de super-héros, mais plutôt une idéologie pour laquelle ils se réunissent et qui les dépassent tous. De fait, le groupe n’est pas voué à rester immuable, et de fait, la présidence passe rapidement des mains d’Iron Man à celles de Giant Man dans le second volume.

Si vous vous inquiétez sur le fait que l’action est intégrée au récit seulement pour contextualiser et rendre cohérent l’évolution de l’intrigue principale, le second tome saura vous rassurer (un peu en tout cas). Les Vengeurs sont confrontés à la défiance non seulement du gouvernement et du SHIELD mais également du public quand elle intègre à ses rangs, Vision, un ancien ennemi initialement programmé à les détruire. Giant Man qui n’est pas aussi fin négociateur que Tony Stark se retrouve donc confronter à l’autorité du SHIELD qui entend bien surveiller de près leurs agissements et ceux de leur nouvelle recrue. Si le thème de l’acceptation et de la confiance est développée tout le long du volume, elle n’est cependant pas aussi présente que dans le premier tome. En effet, un Super-andaptoïd est capturé par les agents de l’AIM qui tentent de le dupliquer. Mais l’expérience se révèle un fiasco, libérant dans la nature des répliques destructrices et incontrôlables. Les Vengeurs doivent donc tout faire pour les arrêter et capturer le Super-Andaptoïd.

Si l’action est bien menée, les intrigues secondaires, à savoir l’intégration de Vision et la double vie de la Panthère Noire, restent pour moi plus intéressantes. D’une part, la froideur du robot est très bien retranscrite dans sa façon d’interagir avec ses nouveaux alliés, tout en rappelant par certains détails ou paroles que Vengeur a dépassé les limites de sa programmation et est capable d’éprouver des sentiments. D’autre part, l’implication de T’challa dans un collège de quartier et auprès d’un étudiant rejeté par ses pairs apporte une dimension différente au comics. J’ai notamment apprécié le fait que le cliché du professeur sensible tentant de changer le destin d’un élève perturbé soit rompu par le fait que la fougue et la volonté du super-héro ne suffira pas pour y parvenir.

Thor et hulk

D’un point de vue graphique, comme vous avez pu le lire plus haut, les dessinateurs sont différents d’un tome à l’autre. J’avais eu du mal avec le premier, notamment à cause du graphisme de Hulk et de Thor. Mais à l’exception de ces deux derniers, au bout de quelques pages, je m’y suis rapidement habituée et j’ai apprécié l’ensemble. Ça a été beaucoup moins le cas du second tome, qui, sans souffrir de défaut, n’est pas en soi remarquable ou particulièrement dynamique.

Avengers Earth Mightiest Heroes aura donc été une lecture surprenante, mais à moitié réussie. J’ai apprécié la dimension psychologique, administrative, politique de l’intrigue proposée. J’ai moins aimé cependant les quelques longueurs dont on souffre par moment, surtout dans le second tome, et le graphisme qui m’a quand même plutôt déplu.

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