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Catégorie : Par univers

Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une Pluie Sans Fin de Dong Yue

Une pluie sans fin
Réalisé par Dong Yue
Interprété par Duan Yihong, Jiang Yiyan, Du Yuan, Zhen Wei…
Chine
Sorti en Juillet 2018
Thriller
Voir la fiche Allociné


LES BONNES SURPRISES!


Il s’agit du premier long métrage du réalisateur Dong Yue, et c’est d’autant plus impressionnant au regard de la maîtrise qu’il fait preuve dans toute son oeuvre. Il y a peu à reprocher au film, qui hérite des mêmes qualités que ceux attribués en ce moment au cinéma sud-coréen, dont il est vrai qu’il s’inspire fortement. On ne peut éviter les comparaisons plus qu’évidentes avec le chef d’œuvre Memories of Murder de Bong Jong-Ho, à la fois dans la construction du scénario que par l’ambiance sombre, pluvieuse, crasseuse des quartiers notamment industriels.

Le film est passionnant. Et ce n’est pas uniquement dû au mystère de son intrigue. Là où il va se distinguer du film sud-coréen, c’est dans la focale qu’il choisit de mettre sur le milieu de l’industrie chinoise à quelques mois de la rétrocession de Hong Kong et plus particulièrement durant la désindustrialisation d’une partie du sud de la Chine. Ce n’est donc pas tant un thriller qu’un drame social, et c’est dans ce traitement particulier qu’il se révèle excellent, offrant de très beaux plans. Je pense notamment à la course poursuite qui a lieu dans une des industries de la ville, qui m’a le plus marquée.

Le cinéaste chinois a donc choisi d’illustrer à travers l’enquête mené par l’agent de sécurité, Yu Guowei, l’impact à l’échelle des individus d’une mutation économique et sociale d’un pays. Il y a énormément de sous-texte qui sert en ce sens à montrer les évolutions de cette société et la façon dont les différentes générations la subissent.

Un casting irréprochable, une mise en scène et un cadrage efficaces, une ambiance palpable, une esthétique marquante, une musique d’atmosphère adaptée – Une pluie sans fin est une des plus belles surprises cinéma de cette année 2018 et une belle promesse pour ce nouveau réalisateur.  Je ne peux donc que souhaiter d’en voir d’avantage et peut-être avec un détachement du cinéma sud-coréen pour y découvrir plutôt sa propre patte.

Je vous laisse en apprendre d’avantage à travers l’excellente critique d’Aurélien Milhaud sur le site « Le Blog du Cinéma« .

Résumé : « 1997. À quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong, la Chine va vivre de grands changements… Yu Guowei, le chef de la sécurité d’une vieille usine, dans le Sud du pays, enquête sur une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Alors que la police piétine, cette enquête va très vite devenir une véritable obsession pour Yu… puis sa raison de vivre. »

Rendez-vous avec le crime (Les détectives du Yorkshire, tome 1) de Julia Chapman

Rendez-vous avec le crime (Les détectives du Yorkshire, tome 1) de Julia Chapman

Merci au #NetgalleyChallenge2018 et à la maison d’édition #RobertLaffont pour m’avoir donné accès à ce livre.

Les detectives du Yorkshire #1 : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman
Publié aux éditions Robert Laffont, 2018, collection La Bête Noire
Traduit par Dominique HAAS de l’anglais
Sur le site de l’éditeur
14,90€ Grand Format ou 9,99€ EBook


LES DECOUVERTES!


Bienvenue dans un petit village du Yorkshire où un détective privé autoproclamé et une entrepreneuse, régente d’un site de rencontre, vont être forcés de cohabiter et s’improviser détectives en herbe. Un premier tome écrit dans un style, un ton et un humour typiquement anglais qui a le mérite de rendre la lecture fluide et agréable. Parfaite pour la période estivale qui approche et à emporter durant un voyage. En revanche, je reste malgré tout réservée sur ce premier roman qui, s’il est plaisant à lire, ne restera pas longtemps dans ma mémoire.

Ma réserve vient du fait qu’il n’est clairement pas sans défauts, et le principal vient de ses stéréotypes. Si ceux-ci sont à mon avis en partie recherchés par l’autrice, qui, en les utilisant, souhaite caricaturer ses personnages, par volonté d’humour et de dérision, il faudrait dans ce cas y aller plus franchement et y mettre tout le sel et le piquant nécessaires, pour ne pas tomber dans les simples clichés.

Quelques exemples:
« Un endroit où, au lieu de lui reconnaître le statut d’épouse d’un prof de fac, on ne voyait en elle que la femme qui s’était mariée avec le fils du boucher.« 
« Et de fait, avec son cerveau rempli de codes informatiques, Delilah était la femme qu’on pouvait le moins taxer de romantisme. Cette caractéristique innée résultait du fait qu’elle avait cinq frères plus âgés, un mépris absolu pour le sentimentalisme, et un crochet du droit hérité de son frère aîné, Will, qui avait fait une brève carrière de boxeur.« 
« Aussi capable que son mari de manier le hachoir, et une femme de cette espèce rare qui ne parle pas à tort et à travers.« 

A ces citations, ajoutons le contexte puisqu’ils sont le reflet de la mentalité du village, étroit et renfermé. L’humour montre la volonté de les rendre indirectement ridicules par leurs idées peu modernes, mais le détachement nécessaire est ici malheureusement peu efficace. Là où on devrait goûter à une caricature, on ne retrouve en réalité que le squelette de clichés. Il y manque clairement de l’audace et de l’affirmation, et un poil d’originalité. Mais cela viendra peut-être avec le second tome.

En revanche, l’autrice a clairement su faire ressentir le corps de ce village qui, à lui-seul, forme une sorte de huis-clos avec son microcosme particulier. Elle appuie souvent sur ses particularités : la chaleur humaine qui s’en dégage certainement par le sentiment d’appartenance qui est partagé et la bienveillance mais également son revers, par le manque total de vie privée, la conviction de vouloir bien faire en se mêlant de tout et en ayant l’avis sur tout, le renfermement de ces habitants capables d’exclure une personne non désirée et faire ressentir le cloisonnement de leur monde étroit..

Pour cela, elle prend ainsi tout son temps, puisque l’intrigue fait corps à son environnement – une qualité pour ce premier tome, qui se révèle de fait une très bonne introduction à son univers. Mais d’un autre côté, cela se révèle également un défaut car il faut attendre la seconde moitié du roman pour que l’intrigue démarre réellement avec l’enquête tant attendue. Je ne suis pas friande des romans où l’action s’enchaine de façon effrénée au détriment du reste ; il n’empêche que certains lecteur pourront se sentir frustré de l’attente.

Pour résumer, Rendez-vous avec le crime est un premier tome léger, fluide et plaisant, qui reste cependant encore trop superficiel. Les éléments sont en place mais il lui manqué du sel et des épices plus marquées. Le style n’est pas encore très affûté et j’espère que ce sont les premiers tâtonnements liés à une nouvelle série, bien que l’auteure ne soit apparemment pas à son coup d’essai. Le scenario se suit avec plaisir, mais là encore on peut lui reprocher de paraître trop simple. Tout découle de soi et les obstacles sont rapidement franchis, les rendant finalement peu inquiétants. Le lecteur n’est jamais vraiment bousculé ou surpris, même s’il pourra se prêter au jeu de découvrir le fin mot de l’histoire. La relation entre les deux protagonistes est plutôt bien écrite, mais elle est également courue d’avance. Par contre, celle qui lit ces derniers au reste du village paraît plus maitrisée et prometteuse, plus nuancée aussi.

Si vous aimez ce type d’enquêtes, les microcosmes, et que vous recherchez une lecture légère, facile et agréable, et que vous n’avez pas d’appréhension sur son rythme ou sur la part que prend l’enquête dans le roman, en particulier si c’est pour l’emmener égayer vos vacances, alors je vous le recommande. Si vous êtes en revanche à la recherche d’une intrigue complexe, d’un univers sombre ou angoissant, des frissons, au rythme soutenu, ce n’est pas vraiment ce que propose ce livre.

Résumé :
Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson ? et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne ! Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Billy Bat de Naoki Urasawa

Billy Bat de Naoki Urasawa

Billy Bat de Naoki URASAWA
Publié par les éditions Pika
Fantastique, thriller
Série en 20 tomes
8€05 le tome
Fantastique, Thriller


LES BONNES SURPRISES


En l’espace d’un mois, j’ai dévoré les vingt tomes de la dernière saga du maître nippon, Naoki Urasawa, qui a été à l’honneur du Festival d’Angoulême cette année. C’est un mangaka talentueux dont je vous ai déjà parlé sur le blog (voir 20th Century Boys et Histoires Courtes) et qui est passé maître dans la mise en scèneBilly Bat le prouve encore une fois.

Il faut cependant admettre que si vous avez déjà lu une des sagas de cet auteur, Billy Bat ne vous surprendra pas outre mesure, même s’il y a des rebondissements à foison et des thèmes passionnants. La recette reste à peu près la même. Billy Bat est simplement une œuvre maitrisée d’un auteur depuis longtemps mature vis-à-vis de son style et de ses forces, dont il sait très bien faire usage. Et de fait cela la rend particulièrement adéquate pour ceux et celles qui voudraient découvrir Naoki Urasawa.

Je dois vous prévenir, c’est une série de longue haleine, avec une intrigue qui se révèle très rapidement plurielle en traversant autant les âges, les siècles, les générations et les continents. Et cet aspect est savamment pensé : c’est une traduction même de l’universalité dont l’œuvre cherche à démontrer en parlant de la bande dessinée, qui devient alors un vecteur unificateur qui traverse autant l’Histoire que les cultures et est vouée à perdurer, quoi qu’il puisse arriver. Depuis toujours, l’Humain a cherché à raconter une histoire, son Histoire, à travers ses dessins – fussent-ils peints sur les murs ou sur du papier.

Ainsi la bande dessinée se veut autant fantastique, intrigante, aventurière, qu’historique et universelle. L’auteur joue d’ailleurs allègrement avec les événements et les grands personnages de l’Histoire pour tisser son intrigue qu’il veut intemporelle. Mais les multiples embranchements, la tentative maladroite de donner scientifiquement du sens à son intrigue, à travers notamment de la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, rendent également le scénario alambiqué voir un peu bancal. Défaut de complexité qu’on pouvait déjà lui reprocher dans ses autres sagas.

Ce que je pouvais reprocher à 20th Century Boys est aussi vrai pour Billy Bat : 1) Naoki Urasawa a tendance à répéter des effets de style – par exemple, la révélation à la dernière page d’une scène du visage et donc de l’identité d’un personnage dont on devine qu’il aura un impact sur l’intrigue ; 2) ses personnages qui disparaissent en étant complètement dépassés par les événements pour revenir ensuite en jeu quelques chapitres ou tomes plus tard en donnant l’impression d’avoir d’un coup gagné dix longueurs d’avance autant sur le lecteur que sur tous les autres personnages ; 3) la résolution finale tombe comme un cheveu dans la soupe.

Et c’est cependant dans les dernières scènes que Naoki Urasawa rappelle le message qui lui a inspiré en partie l’histoire, ce qu’il a voulu dire en filagramme. Billy Bat est une ode à la bande dessinée, à la création, et à tout ce qu’elle peut proposer de meilleure qui est indispensable en tout temps. C’est à la fois un soutien au moral important lors de moment difficiles et un rappel des valeurs d’humanité vers lesquels on doit aspirer et partager. Elle transcende toute culture, tout conflit, tout ce qui n’est pas nécessaire à l’être humain pour vivre. Si elle ne peut remplacer la nourriture, elle peut toutefois servir de langage commun : on peut ne pas comprendre les mots, la parole, les dessins, eux, parlent à tous.

Mais si elle est en effet universelle, rendre la culture uniforme serait une grossière erreur. La culture peut également être détournée en devenant un objet de convoitise ou l’instrument de manipulation de masse. A travers l’analogie évidente entre le personnage de Billy Bat et Mickey Mouse, et par extension de tout l’empire expansionniste de Walt Disney, Naoki Urasawa montre l’influence négative que peut également avoir une culture qui ne sert que des intérêts économiques ou de pouvoir. A l’inverse, tous les dessinateurs véridiques de Billy Bat, qui se font éliminer un à un (comme Walt Disney peut avaler des studios par les rachats), sont les garants d’une diversité culturelle et du libre arbitre dont il faut sauver l’existence car ils gardent leur indépendance. Le fait qu’ils dessinent tous le même personnage est révélateur du message : c’est la pluralité des horizons et des visions qui importe, pas seulement le matériel utilisé. D’ailleurs, il n’est question de plagiat qu’à cause de l’intention mauvaise de Chuck.

Malgré ses défauts, sa mise en scène dynamique vous emporte dans ses intrigues. Il s’agit pourtant d’une série de vingt tomes dont chaque volume est dense en contenu – elle n’en reste pas moins un page turner. Enfin, il faut souligner la pluralité de personnages, à l’esthétique très varié, leurs expressions vivantes, leur consistance dans le récit, peu importe le poids qu’ils ont sur son intrigue. C’est d’autant plus vrai quand on a l’occasion de voir les planches originales, beaucoup plus grandes que le format vendu en librairie. Malgré quelques stéréotypes et un poil de manichéisme, j’ai pu noter que ses personnages féminins sont généralement forts de caractère et d’une constitution solide et les méchants de l’histoire bénéficient, pour la plupart, d’un background et de leitmotivs qui donnent corps à leurs intentions.

Billy Bat, c’est aussi une œuvre aux thèmes riches et nombreux qui traverse tout un siècle : ainsi, il est question de la ségrégation et du racisme envers les noirs aux Etats-Unis ; de la guerre froide et de la haine du communisme ; des rancœurs des Japonais suite à leur défaite lors de la Seconde Guerre Mondiale et à l’ingérence des Etats-Unis dans le pays ensuite ; de la conquête de l’espace et les théories du complot qu’on lui associe ; de la création et la notion de plagiat dans l’héritage artistique et les influences des auteurs ; des préoccupations écologiques plus contemporaines, etc.

Autrement dit : une œuvre complète, passionnante et à découvrir !

Résumé:
 « En 1949, Kevin Yamagata, dessinateur américain né de parents japonais immigrés aux Etats-Unis, connaît un succès formidable avec sa bande dessinée « Billy Bat » mettant en scène une chauve-souris dans diverses aventures. Lorsqu’il apprend de façon fortuite qu’un personnage identique au sein existe aussi au Japon, il décide de se rendre à Tokyo pour rencontrer le dessinateur à qui il a peut-être inconsciemment volé l’idée durant son service en tant qu’interprète dans l’armée d’occupation du Japon.
Une fois sur place, il est rapidement happé par une spirale d’événements curieux qui ont pour dénominateur commun le motif de la chauve-souris…« 

The Handmaid’s Tale de Margaret ATWOOD

The Handmaid’s Tale de Margaret ATWOOD

The Handmaid’s Tale (La Servante Écarlate)
Ecrit par Margaret ATWOOD
Publié aux éditions Penguin (collection Vintage Classics), 2010
Dystopie
336p, 10,49€ PF broché 6,50€ numérique
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES DECOUVERTES


Résumé :
« Offred is a Handmaid in the Republic of Gilead. She has only one function: to breed. If she deviates, she will, like dissenters, be hanged at the wall or sent out to die slowly of radiation sickness. But even a repressive state cannot obliterate desire – neither Offred’s nor that of the two men on which her future hangs. »


Après avoir entendu tellement d’éloges sur ce roman, après avoir vu la vague déferlante des avis positif sur la série, j’ai finalement sauté le pas et lu La Servante Écarlate. Je ne ferai pas l’affront de dire « et j’ai été déçue » – ce ne serait pas exact car je lui reconnais bon nombre de qualités qu’on lui attribue. Pour autant, je n’ai pas apprécié ma lecture. Comment expliquer le mélange de « j’aime » et « je n’ai pas trop aimé » entre lesquels je me trouve ?

Avant tout, autant le dire : la qualité du livre est son fond. Ce traitement de la violence subite par les femmes, dans une société gouvernée par le fanatisme religieux sous fond de pandémie rendant stérile une bonne partie de la population, est très bien exploité. Sous couvert de les protéger et de garantir la pérennité de l’espèce humaine, toutes ces excuses ne servent en réalité qu’à justifier l’exploitation et l’aliénation une fois de plus imposée aux femmes, véritables boucs émissaires de la société dont même les mieux loties ne sont guère enviables. Le roman est en réalité bien plus atmosphérique qu’autre chose. Avec son découpage, soigneusement ordonné par thématique, il prend le temps de développer chaque aspect glaçant de cet univers confiné et machiste – qui semble hors du temps, à la fois proche et très distant de celui du lecteur. La violence est sourde, latente, pernicieuse, en filagramme, et ainsi très horrifiante. Et donc, très efficace.

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A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

A Taxi Driver de Jang Hoon (Festival du Film Coréen à Paris 2017)

A Taxi Driver
Réalisé par Jang HOON
2017
Biopic, Historique
Cinéma sud-coréen
Sur Senscritique – 7,8/10
Sur Allocine – 3,4/5


LES COUPS DE COEUR !


Résumé :
« En mai 1980, un chauffeur de taxi conduit un journalise allemand à Gwangju, en plein milieu du mouvement pour la démocratisation.« 


Excellent. Comment le décrire autrement ? Il s’agit avant tout d’un film historique et d’un bel hommage rendu à ce chauffeur de taxi, dont la réelle identité reste méconnue. Il a conduit le journaliste allemand, Jürgen Hinzpeter, au sein de la ville de Gwangju, pour couvrir le soulèvement de la population qui milite pour la démocratisation de leur pays dans les années 80. Sévèrement réprimée par l’armée qui tire à balles réelles, la violence des conflits est tue par le gouvernement qui bloque tout accès à la ville et censure toute la presse. Ce sont ainsi les vidéos du journaliste allemand qui vont dévoiler au monde entier l’inhumanité de ses actions. Mais le film ne dresse pas le portrait héroïque du reporter étranger, il filme au contraire les événements à travers le regard du chauffeur de taxi sud-coréen, donnant ainsi au spectateur une grande proximité aux événements et à la population et rendant tangible toute l’horreur de cette période.

Il s’agit également d’une œuvre cinématographique dont les qualités sont indéniables. Que ce soit dans la mise en scène, la construction narrative du récit, la mise en place des personnages, le jeu des acteurs, les plans, techniquement et scénaristiquement, A Taxi Driver est de très belle facture, surtout pour un film grand public, abordable par tout type de spectateur, peu importe ses préférences. Son efficacité vient notamment de cette construction narrative, son démarrage en douceur, avec même un ton très léger et un humour présent. Le personnage du chauffeur de taxi, central donc, est une excellente figure qui sert notamment de pivot, pour nous sombrer en douceur, mais inexorablement, dans l’horreur.

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Vanishing time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM (Festival du Cinéma Coréen à Paris 2017)

Vanishing time : A boy who returned de Tae-Hwa UHM (Festival du Cinéma Coréen à Paris 2017)

Vanishing Time : A boy who returned
Réalisé par Tae-Hwa UHM
2016
Drame, Fantastique
Cinéma sud-coréen
Sur Senscritique – 7.3/10


LES COUPS DE COEUR !


Résumé :
« Après la mort de sa mère, Su-rin, 14 ans, vient s’installer sur une île avec son beau-père. Elle se lie d’amitié avec Sung-min, un orphelin qui partage son goût du mystère et des phénomènes étranges. Avec deux autres garçons, ils partent un jour en forêt pour assister à une explosion prévue pour la construction d’un tunnel. Mais en chemin, ils tombent sur une grotte dans laquelle ils vont trouver un objet qui va bouleverser leur existence…« 


Le 12e Festival du Cinéma Coréen de Paris a eu lieu au cinéma Publicis cette semaine, l’occasion d’y découvrir des films qui n’auraient autrement pas eu la chance de sortir dans nos salles – à fort regret, d’ailleurs. Ces dernières années, après le Japon, c’est la Corée du Sud qui apporte un vent de renouveau dans nos salles obscures. Pour le moment, je n’y ai découvert que de très bonnes œuvres, si ce n’est excellentes, au moins ayant un fort potentiel. Et c’est de même lors de ce festival, des deux œuvres que j’ai vu, l’une est excellente (A Taxi Driver de Jong HOON – dont j’espère vous parler prochainement) et l’autre très prometteuse : Vanishing Time : a boy who returned de Tae-Hwa UDeuxième long métrage du réalisateur, c’est une œuvre qui s’est longuement métamorphosée : d’un thriller noir et glaçant, mêlant un brin de fantastique, l’auteur a finalement changé de regard et y a apporté une teinture fort différente : celle d’une fable fantastique sur l’enfance, sur le passage à l’âge adulte, sur l’ouverture et l’innocence du regard d’enfant, plus prompt à accepter de voir au travers du fantastique, une part de réalisme. Un film qui n’est pas sans rappeler les films de notre enfance, à la fois au niveau du style et de l’ambiance, du sentiment qu’il provoque, comme par exemple Les Goonies de Richard Dooner. Mais attention à ne pas oublier qu’il s’agit d’une réalisation coréenne, et que leur cinéma (en tout cas, celui que j’ai vu jusqu’ici) est souvent empreint d’une certaine part d’ombre, qui en fait un film en direction d’adultes, bien qu’à la portée d’enfants.

Un groupe d’enfants décident de braver les interdits et d’aller voir en montagne les travaux qui sont menés pour créer un nouveau tunnel et qui provoquent des explosions. Lors de leur pérégrination, ils vont découvrir une caverne qui renferme une espèce de trésor lumineux, étrange, dont un des garçons pensent être un œuf du gobelin du temps, dont son grand-père parlait. Tandis que la fille du groupe, et l’héroïne du film, repart dans la caverne pour récupérer une épingle à cheveux que sa défunte mère lui a donnée, l’un des garçons Sung-Min, le héros du film, va casser l’œuf, par curiosité de voir ce qu’il renferme. Une explosion retentit, et la petite Su-Rin échappe de justesse à l’effondrement de la caverne. Mais quand elle ressurgit à l’extérieur, les trois garçons ont disparu.

C’est un film intimiste, oú chacun peut avoir sa propre interprétation sur ce qu’il propose. La jeune Su-Rin ne s’entend pas avec son beau-père, n’a que Sun-Min comme ami, est considérée comme bizarre par ses camarades au regard du blog sur les expériences extracorporelles qu’elle tient. Aussi, quand elle est la seule à revenir de l’expédition et qu’elle est incapable de donner une explication qui parait aux adultes suffisamment raisonnée pour être crédible, elle se retrouve encore plus isolée. C’est là l’opposition des regards entre l’enfant et les adultes qui est mise en scène, marquant le manque d’écoute et d’ouverture d’esprit des adultes, qui, au fur et à mesure des années, s’ancrent dans le réel et ont de plus en plus de difficulté à entendre les paroles de l’enfant, fantasques. Le film réussit en douceur à faire ressentir le sentiment de solitude, d’isolement, de la jeune Su-Rin, qui ne sait plus vers qui se tourner. Et c’est sans doute ce qui explique la facilité avec laquelle elle croira l’histoire de Sun-Min et tentera coûte que coûte de le défendre.

Car le film suit également ce qui est arrivé au jeune Sun-Min et ses deux amis. C’est autour de lui que l’oeuvre met en scène tous les questionnements de l’enfance et le passage à l’âge adulte. Et c’est sans doute dans cette partie du film que la part d’interprétation est la plus forte, la mieux amenée, et la plus marquante. Je pense que, plus tard, lorsque je repenserai à cette œuvre, ce sont ces scènes qui me reviendront en mémoire car ce sont mes passages préférés du film. Toute l’émotion y est juste et variée. On passe des moments doux, amusants et nostalgiques de l’enfance dans sa part d’innocence pure et nonchalante à des moments de gravité oú l’enfant se retrouve soudain confronté à la réalité, aux conséquences de ses actes, et commence à s’interroger sur les lendemains. Il s’interroge alors sur son avenir, sur le sens de ce que « devenir adulte » implique. Est-ce seulement une question d’âge légal ? Est-ce une métamorphose interne ? D’attitude ? Un choix ? Une nécessité ? Toute cette partie est remplie de métaphores, que ce soit dans les dialogues, les actes, la situation ou le décors.

Je pourrais longuement disserter sur le temps arrêté, qui pourrait s’interpréter comme la représentation la plus pure de l’enfance. Cette période de nos vies oú le lendemain est déjà une idée abstraite, alors que le temps présent est tellement riche en possibles. Oú le futur est déjà présent parce qu’il suffit d’imaginer pour y être. Oú on peut passer des heures à jouer ou à lire sans se poser des questions sur ce qu’on pourrait faire de ce temps, qu’on dira plus tard, un temps constructif, c’est-à-dire qui sert avant tout à préparer l’avenir, vers lequel le présent de l’adulte sera alors tourné. Le temps arrêté, c’est l’enfance, parce qu’il est ralenti, il laisse place à l’ennui. L’enfant s’ennuie beaucoup mais c’est aussi une période oú on en a pas peur, parce qu’on a pléthore de temps, ou du moins qu’il semble passer au ralenti. C’est l’enfance aussi, parce qu’il est déterminé à finir un jour, on ne sait jamais vraiment quand, et c’est toute la question. Le temps arrêté comme métaphore de l’enfance, c’est aussi interprétable quand le film met en opposition Su-Rin, qui a toujours 14 ans, et Sun-Min, vieilli de quinze ans, mais qui semble bien moins mature, mais déconnecté et perdu, dans un décalage qui le condamne à une vie, non pas ratée, mais manquée.

Le film met aussi en scène de très beaux passages sur l’amitié, entre Su-Rin et Sun-Min. Etant orphelin, l’amitié de Su-Rin se révèlera pour lui un lien indispensable qui le raccroche à la vie, au réel, à l’espoir d’être reconnu. C’est cette dernière notion qui marque l’émotion autour du personnage de Sun-Min et son désespoir de convaincre Su-Rin de son identité. Une émotion forte car, autrement, si personne n’est capable de le reconnaitre, il serait véritablement seul et n’aurait pas de raison de continuer. Ce qui amène aussi l’interprétation suivante : qu’on n’existe seulement par la reconnaissance des autres de qui on est. Et de fait, la solitude est un des thèmes émotionnels phares du film, qui rend autant plus fortes les premières scènes d’amitié des deux jeunes héros.

Le réalisateur m’a parfois surprise car on ne sait pas toujours oú il veut vraiment en venir. Les scènes de la dernière partie sont notamment assez maladroites, proche d’un mauvais thriller, et manquent de cohérence avec ce qui précède en proposant une résolution qui tire en longueur et paraît un peu décousue. L’intensité n’y est plus vraiment émotionnelle, mais surtout très scénarisée pour clôturer l’histoire, et ce n’est pas forcément très bien amené. Cela révèle une faiblesse de scénario et aussi l’incertitude ressentie sur le film qu’a voulu proposer le réalisateur. Sans cela, l’œuvre aurait gagné en maturité et en cohérence globale. Les acteurs ne sont plus tous égaux. Les toutes premières scènes du film sont assez en-dessous du reste du film, avec une mise en scène, comme ses jeunes acteurs, qui peine à se fluidifier et fonctionner.

Cela n’empêche pas Vanishing time : a boy who returned d’être, malgré ces quelques inégalités, un très beau film, autant visuellement que dans le fond qu’il propose. Le décors, la couleur du film, les variations sont vraiment appréciables et contribuent grandement à l’atmosphère du film. Globalement, je suis vraiment charmée par la proposition et je vous recommanderai bien entendu de le découvrir si on a la chance de le voir sortir dans d’autres salles françaises ou en DVD/Blu-ray.


Bande d’annonce :

La planète des singes de Pierre Boulle

La planète des singes de Pierre Boulle

La Planète des Singes
Ecrit par Pierre BOULLE
Publié aux éditions Pocket, 2017 (nouvelle édition), 1963 (édition originale)
Science-fiction
4,70€ poche 193p
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C’est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d’une planète proche de Bételgeuse : on aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celles de notre Terre. Après s’y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s’emparent d’Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité… »

Après avoir vu le dernier film de la trilogie, inspirée du roman dont elle propose un prélude revisité, j’avais très envie de me faire une idée sur l’histoire originale. L’occasion de découvrir une œuvre de science-fiction dont, au final, je n’avais pas vraiment idée du contenu. Quelle surprise d’y découvrir autant de réflexions sur l’humanité, sur l’évolution des espèces, sur les préjugés, sur le dogmatisme, sur la soi-disant suprématie humaine. Quelle mise en abyme géniale de nous-mêmes dans une société qui nous ressemble, mais inversée, où l’Homme est un animal et le singe l’être supérieur, car doté d’une âme identifiable et auto-proclamée. Nul doute que, si les films s’inspirent bien des tenants de cette histoire, elles n’en gardent souvent que l’aspect spectaculaire, pour laisser de côté le sujet même du récit.

Or, c’est une analyse et une critique de notre société, qu’il faut lire – du moins, que j’ai lu. Découpé en plusieurs parties – plusieurs phases – et suivant les pensées d’un journaliste, Terrien, plongé dans un monde qui lui est aussi familier qu’étranger, on se retrouve confronté par les multiples états émotifs et psychologiques, qui l’amènent presque à la folie. On est immergé et il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie, et un sentiment de malaise aisément compréhensible, mais assez troublant. Le livre est efficace, car au-delà de l’aspect fantastique, la construction de cette société est tellement réaliste, la psychologie des singes si bien développée, les relations si complexes, que tout paraît d’une crédibilité qui en est gênante. Oui, car il faut bien se dire que tout ce qui est décrit n’a pas été inventé.

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Cérès et Vesta de Greg Evans

Cérès et Vesta de Greg Evans

Cérès et Vesta (The Four Thousand, The Eight Hundred)
Ecrit par Greg EVANS
Publié aux éditions Le Belial’, 2016 (Collection : Une heure-lumière)
Traduit par Erwann PERCHOC
Illustré par Aurélien POLICE
Science Fiction
120p 8,90€ PF 3,99€ numérique
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« Cérès d’un côté, Vesta de l’autre. Deux astéroïdes colonisés par l’homme, deux mondes clos interdépendants qui échangent ce dont l’autre est dépourvu — glace contre roche. Jusqu’à ce que sur Vesta, l’idée d’un apartheid ciblé se répande, relayée par la classe politique. La résistance s’organise afin de défendre les Sivadier, cible d’un ostracisme croissant, mais la situation n’est bientôt plus tenable : les Sivadier fuient Vesta comme ils peuvent et se réfugient sur Cérès. Or les dirigeants de Vesta voient d’un très mauvais œil cet accueil réservé par l’astéroïde voisin à ceux qu’ils considèrent, au mieux, comme des traîtres… Et Vesta de placer alors Cérès face à un choix impossible, une horreur cornélienne qu’il faudra pourtant bien assumer… »

Cérès et Vesta sont les noms de deux astéroïdes que les êtres humains ont colonisés et qui ont depuis tissé entre eux des liens commerciaux, car chaque astéroïde possède les ressources dont l’autre manque. Le roman nous propose de suivre un moment clé de leur histoire, alors que sur Vesta un apartheid est mené contre les descendants des Sivadiers, une des familles pionnières de l’astéroïde.

Ces derniers sont accusés de ne pas avoir fourni au même titre que les autres familles les efforts nécessaires à la construction de Vesta, sous prétexte qu’ils n’y ont contribué qu’en fournissant un savoir-faire dont ils ont de plus gardé la propriété intellectuelle, et sans jamais mettre la main dans le cambouis. Ils sont depuis publiquement méprisés, injuriés voir même agressés, car la technologie de cet univers permet à chacun d’identifier l’origine de ceux qu’ils croisent. En plus, le gouvernement de Vesta va envenimer la situation en décrétant que dorénavant tous les héritiers de Sivadiers devront payer un impôt supplémentaire. Une partie de ces héritiers cherchera à se révolter tandis que d’autres essaieront de fuir. Le roman nous propose de suivre les deux situations, à la fois sur Vesta et sur Cérès.

Cérès et Vesta fait partie de ces courts romans de science-fiction qui, en à peine une centaine de pages, réussit à mettre en place un univers complexe et des thèmes bien développés. Son efficacité vient en partie du fait qu’il ne prend pas le temps de mettre en place le monde futuriste, il nous y plonge avec le plus grand naturel, presque brutalité, comme s’il s’agissait de notre propre monde. Le résultat est bien entendu très immersif, mais cela le rend sans doute moins facile à aborder, surtout quand on n’a pas l’habitude du genre.

Les premières pages ont été en effet très déroutantes, car il est assez difficile de comprendre la chronologie des événements et le fonctionnement de cet univers. C’est un léger défaut lié à la narration un peu confuse, qui alterne sans prévenir les points de vue et, surtout, les temporalités. Mais passés ce début laborieux, tout devient limpide, et on se sent investi dans l’expérience des personnages de leur monde bien plus simplement que si nous avions au préalable avalé une ou plusieurs dizaines de pages explicatives.

Il n’est pas non plus difficile de comprendre les similitudes de cet univers avec le nôtre ni les thèmes développés. Tout dans le roman permet de se rendre compte que ce qui est vécu sur Vesta et sur Cérès est facilement transposable avec ce qu’on a pu vivre ou ce qu’on vit aujourd’hui sur Terre. Greg EVANS pose la question de la responsabilité de nos actes, non seulement dans l’instant où on les commet, mais aussi dans ceux qui suivront. Les injustices causées par une population sur une autre, dont elle profite, peuvent-elles être simplement effacées ou oubliées, sous prétexte que le temps est passé ? Ceux qui héritent d’une population ayant commis pareilles injustices sont-ils exemptés de responsabilité ? Il s’interroge également sur la notion même de propriété intellectuelle et de son utilité, de sa moralité. Dans tous les thèmes développés, on retrouve bien entendu celui de l’immigration ; de l’exclusion, de la répression et de la stigmatisation d’une population – donc, de racisme ; de la volonté de différencier des citoyens en mettant en place des règles sociales différenciées ; de la justice…

Le roman ne déboule pas tout l’attirail SF, mais en use avec intelligence, mettant en place un univers très crédible, dont la technologie futuriste sert en tout point le récit et le message que l’auteur souhaite faire passer. En revanche, les personnages et la trame narrative ne sont développés que dans la mesure où ils contribuent également au sujet du roman. Si, en soit c’est un parti pris qui a ses avantages, il n’y a aucune empathie ni attachement qui peut se créer entre les personnages et le lecteur. C’est également un défaut, car si le lecteur a tout le recul nécessaire pour apprécier le conflit social et politique mis en place, la distanciation vis-à-vis de ces personnages un peu creux et déshumanisés, rendra moins intense la lecture, notamment vis-à-vis du dilemme moral qui leur est imposé et qui clôt le texte. L’impact en est peut-être moins fort, également.

C’est une novella SF de très bonne facture qui a des résonances très actuelles avec notre société. Ses réflexions sont pertinentes et passionnantes, et mériteraient une bibliographie pour aller encore plus loin. Malgré les quelques points qui peuvent atténuer le plaisir de lecture (ou la facilité à y entrer), son efficacité n’en est guère atténuée. C’est pour moi le deuxième texte que je découvre de la collection Une heure-lumière des éditions Bélial’, après L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken LIU – et de fait, une nouvelle recommandation.

Baby Driver d’Edgar Wright

Baby Driver d’Edgar Wright

Baby Driver
Réalisé par Edgar WRIGHT
2017
Thriller, Musical
Cinéma américain-Britannique
Sur Allocine – 4,2/5 Spectateurs – 3,7/5 Presse
Sur Senscritique -7,4/10


LES MAUVAIS ELEVES


Résumé :
« Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.« 

S’il est globalement bien réalisé et qu’il se révèle très divertissant, avec des bonnes idées autour de la musique et de l’ambiance qu’il cherche à retranscrire, je n’ai cessé de me demander en le regardant ce qui clochait pour que je sois à ce point en retrait du film. Ce sentiment que, alors que l’écran occupe une large part de mon champ de vision, que l’obscurité de la salle m’empêche globalement de voir autre chose, mes yeux furetaient de droite et de gauche, pour voir si d’autres comme moi n’étaient pas pleinement investis. Il manquait quelque chose à ce film, et j’avais du mal à déterminer quoi précisément.

Sans doute est-ce parce que le film est, si ce n’est bon, du moins prometteur. Visuellement, il est même assez joli. L’ambiance est présente et les propositions faites sont cool. Les scènes d’action sont lisibles – et pour moi qui ai des problèmes aux yeux, j’ai vraiment apprécié que le réalisateur ait fait un montage propre, bien rythmé, que j’étais capable de suivre et d’apprécier. Oui, il sait réaliser techniquement un bon film.

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L’expédition de Monica Kristensen

L’expédition de Monica Kristensen

L’expédition
Écrit par Monica KRISTENSEN
Publié aux éditions Gaïa, 2016
Polar, Expédition
21€, 320p GF
Sur le site de l’éditeur


LES BONNES SURPRISES


Résumé :
« L’inspecteur de police Knut Fjeld est en poste dans l’archipel du Svalbard. Il reçoit un appel au secours en provenance du 87e parallèle nord. Une expédition norvégienne est touchée par une épidémie inexplicable qui frappe hommes et chiens. Le chef de l’expédition refuse cependant d’abandonner?: le but, le pôle Nord, doit être atteint à tout prix. Knut Fjeld est un homme expérimenté et n’a guère le choix. On le dépose en plein désert arctique pour rejoindre cette expédition à la dérive, et la pression ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que les hommes s’approchent du pôle. Dans l’ombre guette un danger dont personne ne peut imaginer l’envergure. »

S’il y a un polar que je retiendrai de l’expérience du Grand Prix des Lectrices ELLE, c’est bien L’expédition de Monica KRISTENSEN. Un polar glacé qui nous fait plonger dans un étrange huis-clos au milieu de l’hiver et des glaces infinies. Mais, ce que j’ai aimé, ce sont tous les détails que l’auteure donne sur la façon dont est préparée et menée une expédition, qui rendent le récit crédible et l’expérience réaliste. Et pour cause, l’écrivaine est également glaciologue et la première femme qui a conduit une expédition en Antarctique (cf. Wikipédia). Cela nous donnerait même des envies de lire un témoignage sur son expérience.

Du réalisme, il est clair que le récit n’en manque pas. Sans nous assommer d’explications, l’auteure nous donne suffisamment de détails pour nous faire comprendre à quel point organiser une expédition est difficile, coûteuse, stressante, et à quel point la vivre est une épreuve de titans. Ses personnages s’y sont préparés, mais elle arrive habilement à montrer également leur amateurisme et leur égocentrisme. Dans une narration double habilement menée, elle fait oublier la linéarité du récit, en développant une temporalité qui évite également l’ennui des moments d’accalmie, où les personnages n’ont d’autres choix que d’attendre.

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