The Handmaid’s Tale de Margaret ATWOOD

Après avoir entendu tellement d’éloges sur ce roman, après avoir vu la vague déferlante des avis positif sur la série, j’ai finalement sauté le pas et lu La Servante Écarlate. Je ne ferai pas l’affront de dire « et j’ai été déçue » – ce ne serait pas exact car je lui reconnais bon nombre de qualités qu’on lui attribue. Pour autant, je n’ai pas apprécié ma lecture. Comment expliquer le mélange de « j’aime » et « je n’ai pas trop aimé » entre lesquels je me trouve ?

Avant tout, autant le dire : la qualité du livre est son fond. Ce traitement de la violence subite par les femmes, dans une société gouvernée par le fanatisme religieux sous fond de pandémie rendant stérile une bonne partie de la population, est très bien exploité. Sous couvert de les protéger et de garantir la pérennité de l’espèce humaine, toutes ces excuses ne servent en réalité qu’à justifier l’exploitation et l’aliénation une fois de plus imposée aux femmes, véritables boucs émissaires de la société dont même les mieux loties ne sont guère enviables. Le roman est en réalité bien plus atmosphérique qu’autre chose. Avec son découpage, soigneusement ordonné par thématique, il prend le temps de développer chaque aspect glaçant de cet univers confiné et machiste – qui semble hors du temps, à la fois proche et très distant de celui du lecteur. La violence est sourde, latente, pernicieuse, en filagramme, et ainsi très horrifiante. Et donc, très efficace. Lire la suite

Station Eleven d’Emily St John Mandel

grand-prix-des-lectrices-elle-2017 Station Eleven est un roman étonnant de cette rentrée littéraire. Malgré un postulat initial qui aurait tout d’un blockbuster hollywoodien (et peut-être l’est-il un peu), l’auteure parvient à traiter son sujet d’une façon plutôt convaincante. S’efforçant de ne pas user d’effets littéraires, comme le cinéma userait des effets spéciaux, elle imagine avec efficacité les directions possibles que prendrait l’humanité si les fondations qu’elle a mis des siècles à se créer venaient à s’effondrer. Lire la suite

Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Difficile d’évaluer d’une simple note une telle oeuvre. Comme pour Catharsis de Luz, les œuvres aussi intimes me  laissent indécise sur la façon de les évaluer. Finalement, puisqu’il reste d’une certaine façon assez pudique, j’ai choisi de noter et de vous présenter ce texte principalement à travers sa forme. Et de ce point de vue, le Journal d’un vampire en pyjama est un véritable envoûtement aux oreilles. Lire la suite

« Françoise » : une biographie de Françoise Giroud par Laure Adler

En préambule…

Et voici l’article inaugural de cette nouvelle rubrique sur le blog : la non fiction. Qu’il s’agisse de biographies, d’essais ou de documentaires, c’est dans cette catégorie qu’entreront tous les livres ou documentaires qui ne seront donc pas une fiction.

Comme c’est le premier article, n’hésitez pas à me faire un feedback  afin que je l’améliore et nourrisse en conséquence les prochains !


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Biographie de Françoise Giroud
Ecrite par Laure Adler
Publiée aux éditions Grasset en 2011
22€, 490p

4e de couverture :
« Et si Françoise Giroud était encore plus grande que sa légende ? Plus riche, plus complexe, plus intéressante que l’image d’Epinal de la jeune femme talentueuse qui devint la première journaliste de son temps ?

La trajectoire, on la connaît : engagée par Hélène Lazareff à la création de Elle puis cofondatrice de L’Express, et enfin chroniqueuse au Nouvel Observateur, l’ex script-girl de Jean Renoir avait le sens des phrases assassines : la griffe sous le sourire enjôleur. Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, farouche opposante à la guerre d’Algérie, amie fidèle de Mendès France et de Mitterrand, celle qui « inventa » la Nouvelle Vague et roulait en décapotable fut une grande amoureuse, aimant le plaisir autant que le devoir. Femme politique, cette fille d’immigré turcs ne passa jamais son bac, mais devint Secrétaire d’Etat à la condition féminine sous Giscard d’Estaing. Travailleuse acharnée, élégante en diable, éprise de liberté, c’était une visionnaire, qui incarna la naissance de la femme moderne.

Mais on découvre ici que ce tempérament passionné a aussi ses zones d’ombre – expérience de la trahison, coup de folie passionnelle, tentative de suicide, mort d’un fils… Et si une phrase de sa mère, sur son lit de mort, avait déterminé sa trajectoire et son destin ?

A travers le portrait d’une femme d’exception, c ‘est une époque de feu que ressuscite ici Laure Adler : un temps, pas si lointain, où l’on savait encore se battre pour des idéaux. »

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Les cosmonautes ne font que passer d’Elitza Gueorguieva

Prix du roman fnac 2016 Après le gros coup de cœur que j’avais eu l’année passée à l’occasion du prix littéraire distribué par la Fnac (voir Someone d’Alice McDermott), c’est avec le même enthousiasme que je me suis relancée dans l’aventure cette année. Et le hasard m’a fait plonger dans ce premier roman, au style littéraire particulier, mais auquel on finit par se faire rapidement, pour une autre vue du monde et à un moment aussi particulier et emblématique que lors de la chute de la guerre froide. Un roman assez court, intéressant de par son thème, et assez bien mené. Lire la suite

Nos âmes jumelles & Nos âmes rebelles de Samantha Bailly

Avec sa plume agile, capable de s’adapter à beaucoup de genres, de la fantasy à la romance ou au thriller, un roman de Samantha Bailly est une valeur sûre. Et j’avais raison : dans ce nouveau diptyque, l’auteure prouve qu’elle sait parler de l’adolescence, en abordant leur quotidien tout autant que des sujets plus délicats, sans pour autant tomber dans le pathos.

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Les Vieux Fourneaux #1 : Ceux qui restent de Lupano & Cauuet

 Sincèrement, je ne lui donne qu’un sept sur dix de façon toute à fait provisoire. Parce qu’à peine le premier tome achevé, j’ai eu envie de me lancer dans le second pour voir, pour confirmer, pour être sûre de ce que les auteurs nous ont préparé. C’est tout simplement que cette bande dessinée fut étonnamment surprenante. J’avais pu voir quelques critiques élogieuses, des extraits qui donnaient très envie, mais, je ne sais pas, tout en ayant une idée assez proche de ce que j’allais lire, j’ai eu la sensation d’être agréablement surprise. Ce qui veut dire que j’ai adoré ce premier tome.

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La Passe Miroir, Tome 1 (Les Fiancés de l’Hiver) et Tome 2 (Les Disparus du Clairdelune) de Christelle Dabos

le passe miroir 1
La Passe-Miroir #1 Les fiancés de l’hiver et #2 Les Disparus du Clairdelune
Ecrit par Christelle Dabos
Publié par Gallimard Jeunesse, 2014 et 2015
Jeunesse, Fantasy/Fantastique


Résumé :
« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. »


Note globale :

9/10

Coup de coeur 2015


ATTENTION : J’essaie dans mes chroniques d’éviter le plus possible de spoiler. Mais comme je parle ici des deux premiers tomes, je vais quand même évoquer deux-trois faits de l’intrigue qui vous dévoileront des bouts du premier volet et un peu du second. C’est léger, mais tout de même, je tiens à vous prévenir !


C’est avec plaisir et regret que j’ai lu d’une traite ces deux premiers tomes. Un très grand plaisir, parce que la lecture fût excellente, et même au-delà, elle m’a rendu le goût de ce que j’ai pu éprouver à la première découverte d’un tome d’Harry Potter. Un regret tout aussi grand qu’il me faut à présent attendre la sortie (trop) lointaine du troisième volet. Le point commun entre Christelle Dabos et J.K. Rowling ne réside pas moins dans leur œuvre (pas si similaire) que dans leurs qualités d’auteures ; il ne suffit pas de bien écrire, d’avoir de très bonnes idées, des personnages attrayants, des intrigues prenantes et un univers dense. Non, il faut avant tout être une véritable chef d’orchestre, capable de jouer avec ces ingrédients pour créer une œuvre capable de plaire à un large public. Lire la suite

Les Foulards Rouges, Saison 1 de Cécile DUQUENNE

les foulards rouges

Les Foulards Rouges, Saison 1 : Bagne
Écrit par Cécile DUQUENNE
Publié par Stark, 2015
Steampunk (Uchronie), Science Fiction, Western, planet-Opéra


« Sur Bagne, Lara traverse les étendues désertiques pour remplir ses contrats. Car Lara est une Foulard Rouge, appelée à faire régner la loi à grand renfort de balles. Et sur cette planète-prison où les deux-tiers de la population sont des hommes, anciens violeurs ou psychopathes, c’est une vraie chance pour une jeune femme comme elle de ne pas avoir fini dans un bordel.

En plus, elle fait plutôt bien son boulot – on la surnomme même Lady Bang. Mais Lara n’a pas obtenu ce job par hasard – tout comme elle n’a pas atterri dans cet enfer par hasard. Elle doit tout ça à quelqu’un en particulier, à qui elle en veut profondément… et qui, pourtant, a quelque chose à lui offrir – une chose qui n’a pas de prix. Lara acceptera-t-elle de baisser un peu sa garde et de se lier à de dangereux criminels comme le mystérieux Renaud ? Si elle veut reprendre son destin en main et ne pas finir ses jours ici, elle n’aura pas vraiment le choix… »


Note globale :

8/10


Comment décrire Les Foulards Rouges ? J’ai bien dû passer une dizaine de minutes à y réfléchir avant de choisir dans quels genres le répartir. Finalement, aux deux premiers conventionnels (Sf, Steampunk), j’y ajoute deux autres termes reflétant non pas vraiment le genre mais plutôt l’ambiance (Western, Planet Opera). Car on n’est pas tout à fait dans la traditionnelle science fiction – si tant est qu’il y ait une tradition – puisqu’en réalité il s’agit là d’une uchronie et même paraît-il du steampunk, dont j’ai encore quelques difficultés à maîtriser le terme. A ce que j’en ai compris, il correspond à un récit situé dans le passé dans lequel on aurait incorporé des éléments futuristes – paradoxes dont témoigne très bien la magnifique couverture. De fait, il s’agit quand même, d’une certaine façon, de science fiction. Dans le passé. Ou plutôt dans un présent alternatif… Vous me suivez ? Oui ? Non ? Je m’explique.
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