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Catégorie : Romans

La planète des singes de Pierre BOULLE

(7/10) Après avoir vu le dernier film de la trilogie, inspirée du roman dont elle propose un prélude revisité, j’avais très envie de me faire une idée sur l’histoire originale. L’occasion de découvrir une œuvre de science-fiction dont, au final, je n’avais pas vraiment idée du contenu. Quelle surprise d’y découvrir autant de réflexions sur l’humanité, sur l’évolution des espèces, sur les préjugés, sur le dogmatisme, sur la soi-disant suprématie humaine. Quelle mise en abyme géniale de nous-mêmes dans une société qui nous ressemble, mais inversée, où l’Homme est un animal et le singe l’être supérieur, car doté d’une âme identifiable et auto-proclamée. Nul doute que, si les films s’inspirent bien des tenants de cette histoire, elles n’en gardent souvent que l’aspect spectaculaire, pour laisser de côté le sujet même du récit.

Or, c’est une analyse et une critique de notre société, qu’il faut lire – du moins, que j’ai lu. Découpé en plusieurs parties – plusieurs phases – et suivant les pensées d’un journaliste, Terrien, plongé dans un monde qui lui est aussi familier qu’étranger, on se retrouve confronté par les multiples états émotifs et psychologiques, qui l’amènent presque à la folie. On est immergé et il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie, et un sentiment de malaise aisément compréhensible, mais assez troublant. Le livre est efficace, car au-delà de l’aspect fantastique, la construction de cette société est tellement réaliste, la psychologie des singes si bien développée, les relations si complexes, que tout paraît d’une crédibilité qui en est gênante. Oui, car il faut bien se dire que tout ce qui est décrit n’a pas été inventé.

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Cérès et Vesta de Greg EVANS

(7/10) Cérès et Vesta sont les noms de deux astéroïdes que les êtres humains ont colonisés et qui ont depuis tissé entre eux des liens commerciaux, car chaque astéroïde possède les ressources dont l’autre manque. Le roman nous propose de suivre un moment clé de leur histoire, alors que sur Vesta un apartheid est mené contre les descendants des Sivadiers, une des familles pionnières de l’astéroïde.

Ces derniers sont accusés de ne pas avoir fourni au même titre que les autres familles les efforts nécessaires à la construction de Vesta, sous prétexte qu’ils n’y ont contribué qu’en fournissant un savoir-faire dont ils ont de plus gardé la propriété intellectuelle, et sans jamais mettre la main dans le cambouis. Ils sont depuis publiquement méprisés, injuriés voir même agressés, car la technologie de cet univers permet à chacun d’identifier l’origine de ceux qu’ils croisent. En plus, le gouvernement de Vesta va envenimer la situation en décrétant que dorénavant tous les héritiers de Sivadiers devront payer un impôt supplémentaire. Une partie de ces héritiers cherchera à se révolter tandis que d’autres essaieront de fuir. Le roman nous propose de suivre les deux situations, à la fois sur Vesta et sur Cérès.

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L’expédition – Monica KRISTENSEN

(7/10) S’il y a un polar que je retiendrai de l’expérience du Grand Prix des Lectrices ELLE, c’est bien L’expédition de Monica KRISTENSEN. Un polar glacé qui nous fait plonger dans un étrange huis-clos au milieu de l’hiver et des glaces infinies. Mais, ce que j’ai aimé, ce sont tous les détails que l’auteure donne sur la façon dont est préparée et menée une expédition, qui rendent le récit crédible et l’expérience réaliste. Et pour cause, l’écrivaine est également glaciologue et la première femme qui a conduit une expédition en Antarctique (cf. Wikipédia). Cela nous donnerait même des envies de lire un témoignage sur son expérience.

Du réalisme, il est clair que le récit n’en manque pas. Sans nous assommer d’explications, l’auteure nous donne suffisamment de détails pour nous faire comprendre à quel point organiser une expédition est difficile, coûteuse, stressante, et à quel point la vivre est une épreuve de titans. Ses personnages s’y sont préparés, mais elle arrive habilement à montrer également leur amateurisme et leur égocentrisme. Dans une narration double habilement menée, elle fait oublier la linéarité du récit, en développant une temporalité qui évite également l’ennui des moments d’accalmie, où les personnages n’ont d’autres choix que d’attendre.

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L’adaptation France Culture de Debout les morts, écrit par Fred Vargas

(8/10) Je n’ai pas encore parlé sur le blog de mon affection grandissante pour les émissions de France Inter et de France Culture, que je dévore chaque semaine goulûment, sans cesser d’être surprise. Et si je vous l’évoque aujourd’hui, c’est pour vous partager mon expérience avec l’adaptation à la radio de « Debout les morts » de Fred Vargas. Alors que je ne suis pas particulièrement attirée par les polars, j’ai été embarquée par les personnages, l’intrigue, l’ambiance, frôlant toujours un aspect fantastique qui chatouille l’intérêt. Mais qu’est-ce qui a vraiment fait mouche, l’adaptation ou le texte original ?

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L’homme qui mit fin à l’Histoire – Ken LIU

(9/10) Cette fois, laissez-moi vous parler de « L’homme qui mit fin à l’Histoire », un très court roman de Ken LIU, brillant, riche et passionnant. Il fait partie de ces auteurs de science-fiction qui justifient mon adhésion grandissante pour le genre. Il pose en effet une question brûlante et d’éthique : si nous avions la technologie nécessaire pour visionner des moments brefs et ciblés du passé, mais qu’à chaque utilisation, ce même bout de passé ne pourrait plus jamais être vu par la suite, que devrait-on faire ?

Devrait-on attendre de mettre au point une technologie plus performante, qui permettrait un enregistrement ou un accès illimité à la vision de ce passé ? Sans contexte et dans l’absolu, il serait sans doute mieux advenu d’attendre. Mais justement, Ken LIU rappelle qu’on n’est jamais « sans contexte ». Il prend pour sa part le cas de l’Unité 731, centre militaire de recherche et d’expériences bactériologiques conçue par les japonais durant la Seconde Guerre Mondiale en Chine. Les atrocités de leurs expériences sur des humains ont depuis été reconnues comme faisant partie des crimes contre l’humanité. S’il est compliqué d’évaluer le nombre exact de victimes, elles seraient entre 3000 et 10000 à avoir fait l’objet des expériences de l’Unité, et plus de 300000 à en subir le résultat. Parmi elles, une majorité de chinois, mais également des prisonniers de guerre Russes, Américains, Coréens, Philippins.

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Watership Down – Richard Adams

(10/10) Je tenais à écrire une chronique sur ce chef d’œuvre anglais de la littérature jeunesse, trop méconnu en France, mais je dois dire en préambule qu’il est assez inclassable. C’est un OVNI littéraire, je n’ai jamais rien lu de semblable. Il laisse sensation impérissable d’un récit parfois sombre et cruel, pas vraiment une fable pour enfant et pas tout à fait un conte contemporain pour adultes. En deux mots : magistral et unique.

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Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

(6/10) Voici un livre de la rentrée littéraire américaine qui aura fait beaucoup parler de lui et dont on attendait la sortie française avec une certaine impatience. Pour premier roman, l’auteure propose un récit poignant d’une famille camerounaise venue aux Etats-Unis dans l’espoir d’y vivre leur propre American Dream. C’est un résumé un peu sommaire, qui ne dévoile rien de l’intérêt de ce roman, mais qui est bien son point de départ. Roman ambitieux, qui manque encore de maturité dans le traitement de son sujet, il n’en reste pas moins prometteur pour son auteure.

La chute des illusions, du fantasme de trouver ailleurs une herbe plus verte que chez soi, l’envie de quitter une situation précaire pour une vie de réussite sociale – le récit d’Imbolo Mbue s’appuie sur la personnalité pugnace de ses protagonistes pour raconter la lente agonie de leurs rêves. Ils s’y accrochent pourtant, durs comme fer, réalisant cependant que l’horizon occidental n’est pas aussi fleurissant qu’ils ne l’avaient imaginé. Pourtant, ils s’y habituent, petit à petit, confrontés tous les jours à une culture qui leur est opposée.

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Station Eleven – Emily St John Mandel

grand-prix-des-lectrices-elle-2017(8/10) Station Eleven est un roman étonnant de cette rentrée littéraire. Malgré un postulat initial qui aurait tout d’un blockbuster hollywoodien (et peut-être l’est-il un peu), l’auteure parvient à traiter son sujet d’une façon plutôt convaincante. S’efforçant de ne pas user d’effets littéraires, comme le cinéma userait des effets spéciaux, elle imagine avec efficacité les directions possibles que prendrait l’humanité si les fondations qu’elle a mis des siècles à se créer venaient à s’effondrer.

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Petit Pays – Gaël Faye

(8/10) Je parlais précédemment du simili biopic qu’est Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor, je vous présente à présent une simili autobiographie, quoi que très inspirée de l’enfance de l’auteur. Si Gabriel n’est pas tout à fait Gaël Faye, peut-être que son enfance lui ressemble assez pour expliquer une telle authenticité dans ce récit poignant et passionnant.

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Maintenant ou jamais – Joseph O’Connor

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(9/10) Décidément, il y a quelque chose dans la plume irlandaise, un je-ne-sais-quoi qui me parle, m’interpelle, m’attire sensiblement. J’ai vraiment aimé me plonger dans ce roman aux faux airs de biopic si bien rodés que j’ai un instant cru que le groupe de musique existait. C’est un roman complet et fort, fort, fort bien écrit. En quelques mots, une très chouette découverte de ce Grand Prix des Lectrices Elle 2017 et de cette année 2016 !

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