Après la tempête d’Hirokazu KORE-EDA

(7/10) Hirokazu KORE-EDA est un réalisateur japonais dont j’affectionne tout particulièrement la filmographie, bien que je n’ai pas encore tout vu (par chance). C’est un maître de la chronique familiale, capable de remplir ses films d’un quotidien familier, dont le réalisme nous immerge immédiatement et nous met à portée la sensibilité de ses personnages. Après la tempête en est encore un bel exemple.

Ce qu’il y a de génial avec Hirokazu KORE-EDA, c’est que tout paraît très simple et naturel. Dès les premières scènes, on est plongé aux côtés de ses personnages, qui vivent tout bonnement leur vie, leur quotidien. Il n’y a pas de démonstration, pas une scène de prologue annonciatrice de la suite. Pas d’introduction et on a presque du mal à voir le fil narratif. Le cadre est épuré, comme le décor. Et ça marche.

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Moonlight – Barry Jenkins

(8/10) Pour une fois depuis quelque temps sur le blog, écartons-nous des films d’animation pour parler de Moonlight, qui retrace l’évolution d’un jeune garçon en trois moments clés de sa vie. Ces points de non-retour, ces tournants qui bousculent une trajectoire et qui sont parfois si difficiles à déterminer avec précision. Un film dont le spot est aussi bref que simple : c’est un destin ordinaire, mais auquel on rend ici un très bel hommage.

Surtout, le film évite la sur-dramatisation, qui lui aurait certes donné un rythme différent, plus soutenu, mais cela l’aurait aussi fait tomber dans des ressorts narratifs éprouvés et ronflants par la répétition. La vie du jeune Chiron n’est déjà pas facile – inutile d’en rajouter. Entre violence de sa classe sociale, la racisation de ses origines, de sa peau, du rejet et de la dépendance de sa mère, des brimades que sa sexualité supposée – car il ne l’affirmera qu’à la toute fin – lui provoquent. Continue Reading

Si tu tends l’oreille – Yoshifumi Kondo

(9/10 ❤) Unique film du réalisateur, ayant déjà travaillé sur plusieurs longs métrages du studio Ghibli, parmi les meilleurs d’Isao Takahata et Hayao Miyazaki (Le tombeau des lucioles, Princess Mononoke, Pompoko, Porco Rosso), Yoshifumi Kondo nous livre dans Si tu tends l’oreille une histoire très touchante et maîtrisée. C’est un film qui entre parfaitement dans l’ambiance du studio sans pour autant en être un simili désuet. Ses qualités sont pluriels : son équilibre, la délicatesse du récit, son onirisme, sa douceur, le sourire qu’il vous laisse sur la fin. 

Pour avoir vus les films dans un ordre non chronologique, j’ai été ainsi surprise d’y voir dans les statues des chats, le chara-design des protagonistes du Royaume des chats de Hiroyuki Morita. J’ai finalement appris que ce dernier a été réalisé sept ans plus tard, en reprenant volontairement certains des personnages comme protagonistes, offrant ainsi, si ce n’est vraiment une suite, en tout cas un très bel hommage à l’oeuvre du talentueux Yoshifumi Kondo. Continue Reading

Your name – Makoto Shinkai

(6/10) Dans la continuité de l’année dernière, je suis allée voir un nouveau film d’animation, encore une fois venu du Japon, Your Name. Il s’agit d’un film attendrissant et divertissant, qui charme par sa simplicité, sa légèreté et sa dose de drame.

Le postulat de départ est en effet assez cocasse : un garçon et une fille qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, vivant dans des régions différentes du Japon et sans s’être jamais rencontrés, vont se voir soudain plongé dans la vie de l’autre en empruntant, certaines journées, le corps de ce/tte dernier/ère. On pourra évidemment penser au film Freaky Friday de Mark Waters ou encore au manga Dans l’intimité de Marie de Shuzo Oshimi, Your Name est un mélange des deux, puisque il met en scène à la fois l’aspect comique de la situation tout en n’oubliant pas une certaine dramatisation – que je vous laisserai découvrir en allant voir le film, bien sûr.  Continue Reading

Kubo et l’armure magique – Travis Knight

(8/10) Encore ! Et oui, encore un film d’animation qui entre dans mes coups de cœur de l’année. Il faut dire que je ne suis pas tellement allée au cinéma, en fin de compte. Et que je n’ai pas toujours vu les films qui auraient eu des chances de faire partie de ces coups de cœur. C’est l’envers quand on ne prend pas de risques : on a également moins de chance d’être surprise. Mais n’oublions pas ceci : on a surtout eu cette année de très belles sorties en termes d’animation. Kubo et l’armure magique ne fait sur ce point pas exception.

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Me before you (Avant toi) – Jojo Moyes (Livre & Film)

(4/10) On a tous des a priori nés de mauvaises expériences, de bouches-à-oreille fortement négatifs, ou même d’appréhension vis-à-vis de sujets ou d’un genre dont on redoute certains traitements malheureux. Les romans qu’on catégorise comme « romance » (peut-on vraiment parler de « genre littéraire » ?) font partie de ceux-là pour moi. Je m’y connais peu en romans mais j’ai eu l’occasion de voir beaucoup de films de comédies romantiques, principalement américaines. Continue Reading

Hana et Alice mènent l’enquête – Shunji Iwai

(8/10) Je regrette d’avoir autant attendu pour vous parler de ce film d’animation. La bande d’annonce et le synopsis m’avaient bien plu. Je suis allée le voir dans le but simple de me distraire.  Il a plus que rempli ses promesses : même s’il est peut-être un peu trop calibré, il n’en reste pas moins  très amusant à voir. Je regrette même de ne pas pouvoir  voir le film dont il est le préquelle ! Et pour cause,  c’est probablement le film de 2016 où je me suis le plus amusée. Continue Reading

La Tortue Rouge – Michael Dudok de Wit

Voilà longtemps que je n’ai pas parlé de cinéma, j’ai donc décidé de choisir un des films que j’ai le plus aimés dernièrement. J’avais un pressentiment positif quand j’ai découvert le projet, que j’ai vu la bande d’annonce et que j’ai appris qu’il serait coproduit par les studios Ghibli, à l’initiative d’Isao Takahata. Et pour cause,  la sensibilité du réalisateur s’y retrouve et nous fait vivre une heure de pur bonheur visuel. Un enchantement à ne pas rater. Continue Reading

Divergente #3 Au-delà du mur – Robert SCHWENTKE

Attention : la chronique spoile allègrement le 3e film. Je vous recommande de le voir ou de le lire avant de vous intéresser à cette chronique écrite à chaud.


Précédemment sur White Pages :

Divergente #1 de Neil BURGER : Ayant vu le film avant le livre, mon imaginaire s’est involontairement basé sur ce premier pour visualiser les personnages, aussi ne pourrais-je dire s’ils correspondent. (…) Christina est mon personnage préféré. (…) L’adaptation a été très bien réussie. Je l’ai même préférée au livre, car elle  apporte un réajustement nécessaire : moins d’introspection, plus d’émotions dans les points clés, un scénario centré sur  l’intrigue sans laisser de côté ses personnages.

Divergente #2 de Robert Schwentke : J’ai clairement préféré le premier film au second, principalement à cause de l’introspection et de la romance qui deviennent étouffantes et par la faute d’un scénario bancal, peu crédible, et une absence totale de mise en scène. (…) Ce film ne ressemble à rien (…) Facile (…) Shailene Woodley et Miles Teller sauvent les meubles (…) Aucune explication, juste des phrases qui résonnent bien dans le vide (…) Une fin qui joue plus le spectaculaire que  logique ou même la crédibilité.


(4/10) Après le second volet, je n’étais pas vraiment sûre d’avoir envie de voir ce troisième film, surtout réalisé par Robert SCHWENKE. J’ai fini par me laisser tenter et je n’ai pas été très surprise de ne pas apprécier outre mesure.  En fait, je lui reproche les mêmes choses que pour Divergente 2 : un scénario bancal et mal fichu, une mise en scène bâclée (même si un peu mieux dans celui-ci), des personnages secondaires qui  deviennent des figurants (Christina en est le plus bel exemple).
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Le Garçon et la Bête – Mamoru Hosoda

Le garçon et la bête - AfficheLe Garçon et la Bête
Réalisé par Mamoru Hosoda (Studio Chizu)
Sorti en 2016
Animation Japonaise, Fantastique
1h58


Résumé :
« Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire… »


Note globale :
8/10


2015 fut une année bien ingrate pour le cinéma sur le blog. Moins d’une dizaine de chroniques lui furent consacrées. Il faut que cela change cette année, alors commençons par le film qui m’aura le plus enchanté depuis le premier Janvier (et bonne année !). Film d’animation japonais, Le Garçon et la Bête est une œuvre intelligente, attachante, drôle, bien réalisée. Nul doute que Mamoru Hosoda est en train d’entrer dans la lice étroite des réalisateurs de films d’animation nippons les plus connus et reconnus dans le monde. Continue Reading