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Catégorie : BD / Manga / Comics

S’enfuir. Récit d’un otage. – Guy Delisle

(8/10) Dans S’enfuir. Récit d’un otage., Guy Delisle ne relate plus sa propre expérience, comme dans les Chroniques  de Jérusalem ou encore Pyongyang, mais celle de Christophe André, pris en otage alors qu’il effectuait une mission humanitaire au Caucase. Témoignage unique et précieux, c’est un roman graphique dense, brillant, passionnant, glaçant, preuve du talent d’écoute, d’empathie et de conteur de l’auteur.

Guy Delisle n’est pas seulement un très bon observateur et un fin narrateur, capable de se mettre en scène, tout en portant un regard lucide, curieux et critique sur son environnement. Il est également capable de donner la voix en images à un autre que lui-même, bien sûr avec son trait et son style particuliers. Un exercice complexe, ici parfaitement exécuté. D’autant qu’il s’agit d’un vécu autant physique que psychologique. Christophe André est ligoté les trois quarts du roman graphique, enfermé dans un espace exigu  et quasiment vide. Les divertissements sont très rares, tout se passe dans l’esprit et les menus détails. C’est un combat interne pour ne pas perdre la raison face à la peur, l’attente, l’ignorance, l’incompréhension, pour rester focaliser sur l’essentiel : la survie et la fuite.

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Shangri-la – Mathieu Bablet

(8/10) J’avais beaucoup apprécié découvrir Mathieu Bablet à travers Adrastée et La belle mort. J’avais surtout été charmée par son style, sa maîtrise de la perspective et la physionomie de ses personnages. Ses univers sont toujours appétissants et ses thèmes intéressants, toutefois ses bandes dessinées manquaient encore de finition, avec un scénario prometteur mais qui tombait parfois dans la facilité (notamment pour La belle mort). Shangri-la est quant à elle un condensé des qualités de ces deux œuvres. Graphiquement superbe, avec une ambiance qui prend le lecteur dès les premières planches, elle déborde d’ambition.

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Bilan livres et BD de l’année 2016

A tous et à toutes, je vous souhaite une très Bonne Année 2017 !!!
Qu’elle vous apporte joies, plaisirs et réussites,
Que vos découvertes soient excellentes,
Que vos souhaits se réalisent.

2017 – Année du Coq (dessiné par ©freepik)

Qui dit nouvelle année, dit également bilans !
Et je dois dire que je redoutais un peu ce moment. En termes de découvertes, 2016 a été une année florissante, que ce soit pour les livres que j’ai lus et pour les films que j’ai vus. Difficile de ne pas passer des heures à se décider des TOPs et FLOPs que je retiendrai de cette année !

Retour pour commencer sur mes lectures de 2016, qui furent fort fort fort belles. (Et pour éviter que l’article s’étale sur des kilomètres, je ne reviendrai pas sur chaque lecture. Je mettrai les liens vers mes chroniques directement.)

2016 en lecture

2016, c’est 58 livres lus et le Challenge Goodreads remporté, une grande première ! Il y a de tout : des essais, des romans, des livres coups de cœur et de vraies déceptions.

2016, c’est aussi 55 bandes dessinées et manga savourés. Une petite déception car j’ai trouvé mon année assez fébrile en termes de découvertes, même si certaines furent tout à fait excellentes.

2016, c’est ma première participation au Grand Prix des Lectrices ELLE. Je me suis inscrite un peu sur le tard avec l’envie de découvrir et de sortir de mes sentiers battus. C’était aussi un challenge que de se voir non seulement une pile à lire imposée mais aussi une limite de temps et une régularité qui nécessitait un peu de rigueur. Le Prix n’est pas terminé, nous avons encore quelques pré-sélections à lire et annoter avant que les vainqueurs du prix ne soient définitivement élus.
Dans ce bilan de mi-parcours, il y a vraiment de tout : des livres qui ont été difficiles à lire, des livres qui m’ont surprise, et quelques bonnes découvertes.

2016, c’est ma première participation à la BD fait son festival de Price Minister, ma deuxième participation au Prix du Roman Fnac et ma troisième participation au Match littéraire de la rentrée de Price Minister. Trois occasions de découvrir une bande dessinée puissante (Catharsis de Luz) et des romans passionnants (Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor, Petit Pays de Gaël Faye…).

Maintenant, place aux TOPs et FLOPs !

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Catharsis – Luz

En préambule, je voudrais vous avouer la difficulté que j’ai eu à rédiger cette chronique. Pour tout dire, je tenais à le faire, pas seulement parce que je l’ai reçue dans le cadre de La BD fait son festival 2016 organisé par PriceMinister (que je remercie pour cette opportunité), mais aussi parce qu’elle le mérite.

D’un autre côté, je me suis retrouvée devant une œuvre très intime, évidemment intense parce qu’émotionnelle, puissante par l’impact de certaines de ses planches. « Thérapeutique », mot choisi par l’éditeur pour décrire ce recueil de pensées, de vécu, de quotidien, est en effet le terme plus parlant. Or, j’ai toujours eu quelques difficultés à parler d’œuvres aussi personnelles.


L’absence de note vient donc de ce que je n’ai pas su – et ne sais toujours pas – comment évaluer une telle BD. Incapable de débroussailler seule les mots de mes pensées, j’ai donc lu  des chroniques et écouté l’interview de Luz par Médiapart dont je vous mets évidemment les liens en bas de cette chronique.

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Histoires courtes – Naoki Urasawa

(8/10) J’aime de plus en plus les histoires courtes, surtout dans les bandes dessinées, les comics et les mangas. C’est un exercice passionnant à découvrir et encore plus difficile à réaliser. Il faut trouver l’idée et surtout une chute en quelques pages, rendre ses personnages attachants et intéresser le lecteur. Cela laisse très peu de place aux détails, il faut être concis et efficace. A travers ce recueil, on découvre les premières œuvres de jeunesse et les premiers balbutiements d’un des mentors de la bande dessinée japonaise.

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Ping Pong – Taiyou Matsumoto

(8/10) La première chose à dire, c’est que les mangas de Taiyou Matsumoto ont une réelle force d’attraction. Est-ce les couvertures, les titres, l’esthétique, que sais-je, il s’en dégage une aura qui attire, intrigue et convainc de tenter l’aventure dans des mangas de genres très différents, et pas toujours ceux auxquels je m’intéresse d’ordinaire. Et en effet, d’ordinaire, il n’en est rien : c’est un mangaka d’exception, ce que la lecture des quatre premiers tomes de Sunny (dont il me tarde de vous en faire part), le premier tome du Samouraï Bambou (un véritable coup de cœur) et cette série ont confirmé. Mais parlons plutôt de Ping Pong.

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Les Vieux Fourneaux #1 : Ceux qui restent – Lupano & Cauuet

(7/10Sincèrement, je ne lui donne qu’un sept sur dix de façon toute à fait provisoire. Parce qu’à peine le premier tome achevé, j’ai eu envie de me lancer dans le second pour voir, pour confirmer, pour être sûre de ce que les auteurs nous ont préparé. C’est tout simplement que cette bande dessinée fut étonnamment surprenante. J’avais pu voir quelques critiques élogieuses, des extraits qui donnaient très envie, mais, je ne sais pas, tout en ayant une idée assez proche de ce que j’allais lire, j’ai eu la sensation d’être agréablement surprise. Ce qui veut dire que j’ai adoré ce premier tome.

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Solanin – Inio Asano

SolaninSolanin
Scénarisé et dessiné par Inio Asano
Série terminée en 2 tomes
Publiée par Kana, 2007
Drame


Synopsis :
« Une petite mélodie un peu folle qui raconte notre jeunesse, imperceptible et ténébreuse. »
« Une petite histoire d’amour, drôle et triste, entre Taneda et Meiko, qui n’en sont qu’à leur deuxième année dans le monde du travail. »


Note globale :

7/10


Je vous avais déjà parlé d’Inio Asano dans ma chronique des premiers tomes de  Bonne nuit, Punpun, sa série phare. Je les avais énormément aimés, notamment pour la singularité de leur esthétique et leurs thèmes (dont la jeunesse, l’enfance, la société nippone), jusqu’à ce que le pessimisme et l’ambiance malsaine eussent raison de moi. Si j’ai longtemps hésité à tenter de nouveau l’expérience, j’ai fini par me laisser convaincre avec Solanin. Grand bien m’en prit.

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Amorostasia – Cyril Bonin

amorostasiaAmorostasia
Scénarisé et dessiné par Cyril Bonin
Série terminée en 2 tomes
Publiée par Futuropolis, 2013
Anticipation, Drame


 Scénario
« Tomber amoureux nuit gravement à la santé ! Comme si les relations amoureuses n’étaient pas assez compliquées, une nouvelle épidémie est apparue : l’Amorostasie. Vieux couples comme jeunes tourtereaux, si vous êtes amoureux vous êtes immédiatement plongés dans un état catatonique… »


 Note globale :

7/10


Voilà une bande dessinée que j’avais envie de vous présenter : de l’anticipation au drame romantique, Amorostasia intrigue de par son synopsis. Et si l’amour était non seulement viral mais également nocif ? Une épidémie se déclenche à travers un fait divers étrange, difficile à croire : un couple se fige soudain. Un canular ? Très vite, la population parisienne s’inquiète car l’épidémie se répand sur toute la ville, touche la France et finit même par franchir les frontières. L’alarme est sonnée : l’amour est condamné.

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Je reviendrai vous voir – George Morikawa

je reviendrai vous voir

Je reviendrai vous voir
Dessiné et scénarisé par George MORIKAWA
avec la participation de Tetsuya YANO, Hiro MASHIMA, Ken AKAMATSU, Mitsurô KUBO, Kôji SEO, Hideo NISHIMOTO, Nobuyuki FUKUMOTO, Kazuki Yamamoto, Miki YOSHIKAWA, Makoto RAIKU
D’après l’oeuvre de NOBUMI
Oneshot
Publiée par AKATA en 2015
Témoignage, Autobiographie, Drame


« Nobumi est un jeune père de famille. Il est surtout auteur de livres illustrés destinés aux enfants. À l’instar de nombreux japonais, il sera, le 11 mars 2011, choqué à vie par la triple catastrophe qui s’abat sur son pays. Un peu naïf, et le cœur empli d’espoir, il décide alors d’envoyer gratuitement plusieurs milliers d’ouvrages jeunesse (dont les siens) pour distraire les enfants de la zone sinistrée. Mais quand il annoncera son don sur son blog, les réactions des internautes seront pour le moins… violentes ! Choqué et meurtri jusqu’au plus profond de son âme, Nobumi va alors vivre une véritable crise artistique, dont une seule issue sera possible : laissant pour plusieurs jours sa vie confortable de tokyoïte, il part en tant que bénévole volontaire, pour aider à la reconstruction de la zone sinistrée du nord est du Japon. Il y découvrira un paysage encore pire que tout ce qu’il avait pu imaginer… Suivez son émouvante histoire vraie, mise en dessins sous la plume des meilleurs mangakas japonais ! »


Note globale :

6/10


Je ne voulais d’abord pas noter cette oeuvre. Quand il s’agit de témoignage, et d’autant plus d’une autobiographie, j’hésite toujours. Je veux avant tout respecter l’exercice et la volonté de l’auteur de partager son expérience. Un vécu dont on ne peut saisir, qu’à une certaine mesure, toute la portée émotionnelle, psychologique, et peut-être bientôt historique d’un tel drame à la fois individuel et collectif. L’empathie aide, bien sûr, mais la compassion a ses limites – et c’est de cette limite, où se tapit le jugement hâtif, souvent inconscient, que je me dois d’y réfléchir. Finalement, j’ai opté pour un compromis : le manga en tant que création peut être apprécié et facilement noté ; mais cette appréciation ne reflète pas l’intérêt de cette oeuvre qui est bien réel.  Je m’explique.

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