Skip to content

Festival Off 2015 – 1er Jour – Alice, Tutu

Ça y est, le Festival Off d’Avignon a commencé pour moi. Après une semaine chargée à ne pouvoir écrire de chroniques, je suis ravie de vous retrouver pour vous faire part de ma toute première journée de festival ! Cette année, je n’ai pas fait mon programme à l’avance et compte bien y aller à l’improviste. Choisir au dernier moment et se laisser surprendre, au gré des tracts récupérés dans la rue, d’un spectacle repéré dans le journal ou le site du Off. Quoi qu’il en soit, j’avais envie d’y aller tranquillement.Comme l’an passé, c’est au Théâtre du Chêne Noir que s’ouvre mon propre festival : un théâtre que j’affectionne et dont la programmation est souvent une valeur sûre. Notre choix s’est porté tout naturellement vers une pièce littéraire et à la fois originale. Inspirée du très célèbre roman de Lewis Carroll – dont certains connaissent surtout la version de Disney – Alice est une adaptation très, très libre qui m’a tout de suite charmée.

Alice afficheD’après Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll
Adapté par Gaëlle Boghossian
Mis en scène par Paulo Correia
Joué par Clément Althaus, Gaële Boghossian, Paul Chariéras
Théâtre du Chêne Noir, 15h30 (Tarif Carte Off 15€, Tarif Normal 22€)

Synopsis
Alice, universelle et intemporelle, Alice petite et grande.
Alice Liddell e(s)t toutes les Alice.
Elle a semé comme un Petit Poucet les indices qui nous mènent vers une étonnante lecture mentale du monde. L’oeuvre de Lewis Caroll est une sorte de carte d’une île au trésor où tous les repères sont sans dessus dessous. Dans ce rêve éveillé, la logique n’est pas là où nous l’attendons.
Au-delà de ce conte initiatique, nous sommes en présence d’un cerveau capable d’une perception qui va au-delà du réel. Nous nous plongeons dans un phénomène neurologique extraordinaire de distorsion de l’espace et du temps, du corps et de l’esprit. Dans un entrecroisement vertigineux du roman de Lewis Caroll et du syndrome d’Alice au pays des merveilles, nous construirons un monde où réalité et onirisme se feront écho. Dans cet aller retour, les frontières se feront ténues, les personnages navigueront d’un monde à l’autre en dialogues fantaisistes, décalés et étranges.
Un spectacle à tiroirs où l’enfance croise la nostalgie de l’âge adulte, où l’esprit vrille et devient un maître à bord incontrôlable.
Alice est à la croisée des chemins, entre science et littérature, soulevant une armée de questions, théories et positionnements. Ce foisonnement de points de vue nous embarque dans les méandres de l’inconnu, dans un bouleversant voyage de l’autre côté des miroirs.

Il faut dire que ce roman m’avait particulièrement plu. J’aimais son univers, son absurdité et sa logique irrationnelle dans laquelle on se perd avec aisance. J’aimais le ton, l’humour, l’inventivité et le renversement des rôles, où Alice, âgée de 7 ans, n’est plus tout à fait une enfant, plongée dans un monde où elle seule paraît raisonnée. Cette adaptation ne propose pas de revoir une version simplement modernisée du roman, ni même une version qui transposerait l’absurde dans le monde réel. Ou pas tout à fait. En réalité, ce qui fait d’Alice une pièce aussi particulière et une adaptation réussie, c’est qu’elle a su reprendre l’essence du roman de Lewis Carroll. On retrouve ce même parcours initiatique et alambiqué, cette même ambiance fantasmagorique d’une personne en train de rêver. L’envoûtement, la perte de tout repère, l’aspect infini, l’irrationnel, les double sens…

alice gaele boghossian

On ressent toute la tension, la perte de sens, l’intangibilité de l’univers qui l’entoure. Un univers qui, à bien des aspects, devient angoissant au fur et à mesure que la confusion de l’héroïne grandit. La mise en scène est très bien pensée et joue avec un décor simple mais efficace, qui se transforme au gré des vidéos diffusées à même ceux-ci, accroissant de fait l’aspect surréaliste des scènes. Mais c’est également grâce au jeu des acteurs qu’on prend autant de plaisir à se plonger dans cet étrange univers. La diction des acteurs, les multiples voix que prennent Clément Althaus et Paul Chariéras, la pétillante Gaële Boghossian en Alice, la musique d’accompagnement jouée à même la scène, le texte bien écrit et la conclusion réussie. L’ensemble offre une pièce de théâtre étonnante, une revisite rafraichissante d’un texte autrement sur-usité. A voir !

Bande d’annonce

Quittant l’abri rafraichissant du Chêne Noir pour se plonger dans les rues ensoleillées d’Avignon, on s’est un peu promenées avant d’aller faire une pause à la fnac. J’espérais en fait récupérer les deux premiers tomes de Les enquêtes de Voltaire de Frédéric Lenormand. Si je ne les ai hélas pas trouvés, on a toutefois eu l’opportunité d’écouter Gérard Gélas et deux de ses acteurs parler de leur nouvelle pièce de théâtre, actuellement jouée au festival. Nous en sommes finalement ressortis avec dans mon sac ma prochaine lecture : La Cigale du huitième jour de Mitsuyo Kakuta, publié aux éditions Acte Sud.

Évidemment, une chaude journée appelle à la gourmandise. Pas de copieux cheese-cake ou de moelleux au chocolat cependant, non merci ! Mais une bonne glace chocolat vanille d’un chocolatier délicieux (et délicieuse !) qui nous a servi de rafraichissement tout en se rendant au prochain théâtre : le Collège de la Salle aménagé en salles de spectacles. Cette fois-ci, point de texte, mais une jubilante chorégraphie (en réalité, au pluriel) qui fait fureur à Paris.

tutuTutu
Chorégraphe : Philippe Lafeuille
Troupe des Chicos Mambo : Corinne Barbara, Loïc Consalvo, Mikael Fau, David Guasgua M., Pierre-Emmanuel Langry, Julien Mercier, Alexis Ochin, Julie Sicher, Jimmy Vairon
Collège de la Salle, 19h (Tarif Carte Off 15€, Tarif Normal 25€)

Synopsis
A l’occasion des 20 ans des Chicos Mambo, Philippe LAFEUILLE a imaginé TUTU, spectacle original et drôle, présenté pour la première fois à Paris, sur la scène du Bobino, en hiver 2014. Après avoir conquis plus de 60 000 spectateurs, la compagnie, habituée du OFF, revient pour la 50ème édition.
En 20 tableaux, les six danseurs revisitent les icônes du ballet, de la danse contemporaine, de salon, sportive et rythmique, académique ou acrobatique.

Décidément une journée de revisite, puisque la troupe nous propose ici de revoir une vingtaine de scènes cultes de la danse classique, contemporaine, de salon, sportive, acrobatique… Le tout avec humour, inventivité et, ne l’oublions pas, énormément de technique. Tutu vous propose un spectacle à vous tirer les larmes aux yeux de rire tout en les remplissant d’étoiles, tant certains passages sont quand même impressionnants à voir – et même très beaux.

tutu cygne

C’est un spectacle haut en couleurs, toute en légèreté, et maîtrisé par de beaux danseurs talentueux. Le souci du détail est très appréciable, surtout quand on peut se régaler avec des costumes très bien pensés : que ce soit les cygnes dansant le Lac des Cygnes, les énormes couches nuageuses des bébés, en passant par les fruits, et ceux de l’affiche, tout en plumes roses, le résultat est un régal ! Un spectacle parfait pour convaincre les réticents de la danse à s’en délecter, passer un bon moment entre amis ou en famille, à se régaler devant les prouesses et les chorégraphies inventives des danseurs. A voir, et même à ne pas manquer !

Bande d’annonce

Vingt-et-une heure passée, nous rentrons dans la chaleur de cette fin de journée. Le soleil décroît, l’air est toujours chaud, mais pas désagréable. C’est un sentiment exaltant que de sortir d’une bonne pièce de théâtre ou d’un bon spectacle de danse. Cela donne même envie de recommencer…

D’ailleurs, mon programme de ce lundi :

  • La grue, la Grenouille et le Corbeau d’Egiku Hanayagi (Danses japonaises) au The Garage International
  • Couscous aux lardons de Farid OMRI (Comédie) au Paris

A bientôt !

One Comment

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :