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20th Century Boys – Naoki Urasawa

20th century boys

20th Century Boy de Naoki Urasawa
Série en 22 tomes publiés intégralement chez Panini Manga
(Version Deluxe : 5 tomes parus contenant chacun 2 volumes)
Série terminée
Mystère, Seinen, Action, Thriller


Kenji est seul avec sa mère pour s’occuper de son magasin, depuis que sa sœur a disparu il doit aussi prendre soin de sa petite nièce Kanna. Il habite depuis toujours ce quartier, croise régulièrement ses anciens camarades de jeu et semble avoir définitivement mis de côté ses ambitions, ses vieux rêves. Pourtant un jour il entend parler d’un couples qui a soudainement disparu près de chez lui, sur leur porte il aperçoit un étrange dessin qui commence à l’intriguer, un dessin qui lui rappelle le groupe qu’il formait avec ses copains, gamins, et avec qui il s’était engagé à « protéger le monde »… Mais c’est avec la mort de l’un d’eux, « Donkey », que les choses s’affolent dans sa tête. Il va alors commencer son enquête et tenter de découvrir qui est ce mystérieux « Ami » qui dirige le groupe qui se cache sous ce dessin.


Note globale :

8/10


 

Il me semble impossible de rédiger une chronique digne de ce nom pour un manga qui m’aura tenu en haleine tout le mois d’Avril, quitte à reléguer au second plan mes autres lectures. Sans regret, j’ai dévoré l’ensemble des vingt-deux tomes d’une traite, ne pouvant détacher mon regard de l’histoire, désirant plus que tout connaître le fin mot de l’histoire. C’est un manga passionnant  et complet que nous propose Naoki Urasawa (auteur des non pas moins reconnus Monster ou encore Happy, prévus dans mes futures lectures), même si je regrette malgré tout cette fin tombant comme un cheveu dans la soupe.

C’est toujours dépitant quand la fin n’est pas à la hauteur d’une histoire pourtant bien lancée. Et il faut dire que Naoki Urasawa a sans doute proposé l’un des meilleurs scénarios qu’il m’ait été donné de lire. Son ambition semble démesurée, et pourtant, l’auteur parvient à l’atteindre pendant toute une partie de la saga. Résumer un tel mastodonte est impossible, à moins d’en réserver une chronique entière. De l’apparition d’une secte, aux premières manigances politiques, pour enfin arriver à la fin d’un monde et au renversement de tout un système… sur quel aspect se concentrer ?

20th century boys_toute la bande

C’est bien l’énigme de cette chronique car il faut bien admettre que l’auteur n’a pas chômé. Les 22 tomes traversent les générations, partant des années 70 jusqu’en 2020 (environ), chacune semblable à aucune autre. Tout démarre avant l’année 2000, avec toute la paranoïa que ce passage de siècle entraîne. Kenji est marchand et tient sa boutique avec sa mère, tout en prenant soin de Kanna, la fille que sa sœur lui a laissée avant de disparaître. De prime abord, c’est un type somme toute banal ; mais lorsqu’il apprend la mort d’un ami d’enfance, Donkey, dont il reçoit une étrange lettre, il commence à soupçonner que quelque chose d’importance est en train de se produire. Il découvre l’existence d’une nouvelle secte, dirigée par un type se faisant appeler « Ami » ; mais ce qui l’interpelle le plus et va le lancer à la recherche de la vérité, est que cette dernière utilise un symbole familier. Et pour cause : c’est lui et ses amis d’enfance qui l’ont créé quand ils étaient petits.

Dès les premières pages, le lecteur est projeté dans l’intrigue. L’histoire commence à la fin, dirait-on, alors qu’une cérémonie acclame les héros qui ont sauvé la Terre. La couleur est donnée : ce n’est pas un simple thriller politique ou  même une chasse à l’homme – aux hommes -,  c’est aussi une histoire de fin du monde.  On finit par rencontrer Kenji et puis toute sa bande. Dans le présent tout comme le passé, raconté brièvement par des anecdotes aux allures anodines. C’était juste une bande de copains avec une imagination débordante. Et comme tous les enfants de leur âge, ils se sont créés un monde, en s’imaginant un futur dans lesquels ils seraient les justiciers venus sauver la Terre . Vingt ans plus tard, leurs prédictions semblent se réaliser.

Chasse à l’homme, oui, mais également chasse aux souvenirs, et ainsi à la vérité. Le manga a un rythme très prenant notamment parce que nous ne cessons de jongler à travers les époques. 20th century boys_true friendPendant les dix premiers tomes, la recette fonctionne à merveille : les souvenirs d’enfance révèlent des indices et posent de nouvelles questions ; le présent et le futur montrant les conséquences, l’effet papillon de ces actes manqués. Le présent instaure une atmosphère de tension car en plein cœur de l’action ; il est le pivot entre le passé et le futur, et nous tient en haleine ; il est des trois le moins prédictible. Le futur quant à lui se dévoile pour mieux nous faire comprendre qu’il n’est peut-être pas le fin mot de l’histoire – nous donnant envie de le rattraper.

Le lecteur est ainsi tenu en haleine : impossible de reposer un volume ouvert. La narration fonctionne à merveille, tout comme l’apparition de nouveaux personnages. Si on a du mal au début à reconnaître les enfants, ceux-ci finissent par se distinguer au fur et à mesure que nous les découvrons dans leur futur. Ils parviennent aussi à nous attendrir, même s’ils n’évitent pas tous les clichés. Ou un certain manichéisme.

J’ai vraiment aimé les différentes figures que l’auteur a créées, notamment parce qu’elles sont malgré tout très réalistes. J’ai plus particulièrement été touchée par le personnage de Yoshitsune qui tout en restant fidèle à ses convictions, à ses amis et son combat, n’en reste pas moins aussi fragile qu’un homme face à une situation qui le dépasse complètement. La facilité avec laquelle on s’attache assez rapidement à l’ensemble des personnages développés – et pourtant, il en y a pléthore – est sans doute une des grandes forces, avec la narration, de ce manga.

20th century boys_kenji

Ainsi, les dix premiers tomes excellent car ils parviennent de bout en bout à tenir la route, à être à la hauteur de l’ambition de Naoki Urasawa, alors que les événements prennent de plus en plus d’ampleur et qu’un rien aurait suffi pour que l’histoire perde en crédibilité. Bien sûr, il y a probablement quelques petites failles et de loin, ça peut paraître « trop gros », mais rien qui ne soit gênant ou remarquable à la lecture. On se prend très aisément au jeu, ce qui est même assez surprenant. S’il m’avait fallu noter seulement ces volumes, j’aurais très certainement offert la note de 10 sur 10 à 20th Century Boys.

Seulement, comme beaucoup d’œuvres qui s’étalent sur autant de tomes, la suite n’est peut-être pas aussi bien menée que le début, même si elle reste jouissive. Une fois arrivé au bout des sept-huit premiers tomes, il y a une première faiblesse qui commence à se faire sentir, et laisse le choix au lecteur d’en rester là. La suite des volumes sont de qualité irrégulière, tant en terme de rythme que de fond. Si les premiers tomes passionnent notamment parce qu’ils apportent un vent frais de nouveauté, un rythme prenant, des coupures bien menées pour maintenir le lecteur en haleine, la suite n’y arrive pas forcément aussi bien.

Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’on finit par comprendre et voir littéralement arriver les mêmes mécaniques de l’auteur dans ses retournements de situation. Ceux-ci deviennent redondants vis-à-vis des premiers tomes et offrent une sensation désagréable de déjà-vu rendant la lecture peut-être moins surprenante. Même s’il s’y passe autant, voir plus, de choses que dans les neuf premiers volumes, l’impression de ne pas avancer et de tourner en rond reste assez tenace. D’autant plus que certains choix de l’auteur (que je ne peux décrire sans spoiler) sont assez décevants, car ils rendent l’histoire d’un coup plus absurde. Et c’est très dommage.

20th century boys_kanna

La fin surtout m’a déplu. En deux-trois chapitres, la révélation finale est amenée de façon brutale et m’a laissé la même impression qu’un film s’achevant en queue de poisson. J’ai tourné les pages en me demandant si la fin n’avait pas été arrachée tant cela me paraissait incompréhensible. « Tout ça pour ça ? » est ce que j’ai pensé, et au vu de certaines critiques, je n’ai pas été la seule. Quitte à me répéter, quand on parvient pendant tellement de tomes à maintenir un scénario prenant, faisant monter la tension à son comble, formulant implicitement la promesse d’une apothéose, mais quel dommage de ne pas aller jusqu’au bout.

Malgré tout, je ne peux pas retirer à ce manga son indéniable qualité. Je ne suis pas forcément des plus patientes ni des plus endurantes quand il s’agit de longues sagas. Vingt-deux tomes, ce n’est quand même pas rien, et je les ai pourtant lus. Cette série restera donc une de mes préférés.  La seconde moitié est peut-être plus bancale et la fin pas à la hauteur de mes espérances, cela ne change pas le fait que 20th century boys m’aura fait plonger dans une intrigue passionnante avec une ambiance plurielle, jonglant au fil des thèmes abordés : la nostalgie du rock des années 80, la nostalgie de l’enfance, les sectes, la paranoïa de l’an 2000, sans oublier l’univers dystopique, les manipulations politiques, le règne de la terreur, l’importance des symboles…

20th Century Boys est une œuvre incroyable d’une grande ambition, que l’auteur aura réussi à tenir quasiment jusqu’au bout. Il me reste à découvrir les spin offs, les deux tomes du 21th Century Boys, qui, j’espère, apporteront les éclaircissements nécessaires. C’est un thriller intemporel, un véritable labyrinthe avec une narration qui jongle à merveille entre flashbacks et projections, le tout dans un rythme efficace.   Un vrai coup de cœur.

This has been an artwork of Firewalker

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  1. ca m’a l’air intéressant tout ca!!! Ca me donnerai presque envie de tener 🙂
    sais tu si ca a été adapté en série vidéo? ca me tenterai encore plus ^^

    Des bisous 😉

    • Blasphème! Tu as osé dire presque!
      Il a été adapté en une série de 3 films. Pour avoir vu le 1er, c’est très fun mais sensiblement moins bon que le manga (et parait du coup moins crédible). Mais il m’a laissé de bons souvenirs (vu il y a longtemps). Le côté Goldorak par contre m’a fait rire surtout ! Je te conseille de tenter pour te faire une idée. 😉
      Des grosses bises!

  2. J’avais lu cette série au moment où elle commençait à être traduite en français, et même si je ne suis pas arrivé au bout (pas loin d’une vingtaine de tomes, quand même), je me reconnais vraiment bien dans cette critique.

    D’après ce que j’avais lu sur un newsgroup à l’époque, l’auteur avait annoncé que ces 20 et quelques tomes constituaient seulement la *première partie* de cette saga… Je ne sais pas si c’est vrai, mais cela m’avait un peu découragé de continuer ma lecture (ça, et aussi le sentiment que la série commençait à tourner en rond et qu’il y avait de plus en plus de remplissage). J’en déduis qu’il a par la suite revu ses ambitions à la baisse, ce qui explique peut-être la fin un peu bâclée.

    • Tu étais presque à cette fin, en effet ! Mais c’est peut être pas plus mal que tu ne l’ais pas lue. 😉

      J’ignorais qu’il avait cette ambition-là et en effet il a bien fait d’en rester là. Il y a cependant 1 spin-off et 2 tomes de 21st century boys… peut être cette fameuse suite avortée ?
      En effet, ça pourrait bien justifier cette fin là, mais elle est tellement tirée par les cheveux qu’on a l’impression que l’auteur ne savait tout simplement plu quelle était la conclusion.
      Merci pour m’avoir lu et de ce commentaire en tout cas !

  3. Bon, après un tel avis je n’ai pas grand chose à dire à part : ma bibli les a et je sais quel série manga je vais lire cette été maintenant 😀

  4. […] le succès qu’il a connu ensuite à travers des œuvres titanesques d’ambition (par exemple, 20th Century Boys dont je vous ai déjà parlé sur le blog), il est facile de passer outre les quelques […]

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